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Hard Rock Fishing

Publié: 22 juin 2013 dans Rig Box

Je vais vous parler un peu d’environnement de pêche où il n’est pas exceptionnel de se faire couper un corps de ligne en tresse de 60lbs et une tête de ligne en 60 centièmes. Je reconnais, c’est du brutal ! Faut quand même admettre que c’est plutôt une pêche d’homme, pied de nez à mes amis du Team adeptes des casquettes à l’envers, des Kaptors de 12, des bas de ligne en 15lbs, des plombs de 50 grammes… Ne cherchez pas dans ma Tackle box, je n’en ai pas. Les dames artificielles, en fourreau de soie, talons aiguilles, gazon fraîchement tondu ce n’est pas que je n’aime pas, c’est qu’elles ne sont pas adaptées aux pentes et aux caillasses où aime se ressourcer « la chose ».

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Parlons en effet de pêcher les lacs de « montagne ». J’écris montagne par facilité et par opposition aux lacs de plaine, aux grands réservoirs de l’Est ou du Sud Ouest dans lesquels les problématiques des montages sont différentes. Dans les gorges ou les pentes, les qualités d’adaptation et une autre forme de finesse s’imposent. Mettons nous, si vous le voulez bien, dans la peau d’un chamois.
La première attention particulière concerne le respect du poisson. Elle passe avant tout par une logistique adaptée. Il faut un matelas de réception digne de ce nom, épais, grand, très grand, le plus grand possible. Essayer de vous allonger à même le sol sur des blocs de pierre aux arrêtes tranchantes, pire imaginez vous tomber dessus d’une hauteur de cinquante centimètres et vous comprendrez le risque que nous risquons de faire prendre aux carpes. Désolé de me poser en moralisateur, mais à un moment le no-kill n’a aucun sens si les poissons repartent avec des nageoires ou des côtes fracturées, ce que malheureusement l’on voit trop souvent encore. Autant les laisser en paix.

securité (1) = retention + matelas

Très concrètement, suivant les postes, il est souvent impossible de photographier les poissons sur la berge. Le mieux étant tout simplement de les manipuler dans l’eau. Même en connaissant bien son appareil photo il ne sera pas non plus toujours possible de faire de supers clichés lorsque le soleil passe son temps cachés derrière les monts et que votre post reste désespérément à l’ombre. Encore une fois l’essentiel est ailleurs. Il vaut mieux laisser repartir un poisson avec une ou deux photos médiocres que de le garder au sac trop longtemps. A ce sujet, je ne saurai trop vous conseiller d’acheter au moins un sac de rétention flottant. Vous comprendrez aisément pourquoi il vaut mieux suspendre votre prise en pleine eau que la laisser s’échouer sur un fond de pierre. Choisissez les longs, moins par vanité que pour avoir assez de marge afin d’éviter les accidents de queue coincée dans la fermeture à glissière. Aïe… Enfin, après un combat le plus urgent, pour moi, c’est de retendre la ligne. Autant laisser la captive se reposer un peu, on aura le temps de faire quelques clichés un quart d’heure plus tard.

securité (2) = dans l'eau, pas sur la berge

Coté réception du poisson nous sommes donc prêts. Il nous faut désormais pouvoir piquer une carpe, mettre toute les chances de notre coté pour l’amener à l’épuisette, et faire en sorte qu’en cas de casse elle ne traîne pas une longue laisse. Comme je le disais en introduction, un des principaux risques dans ces lacs, c’est que la tresse du corps de ligne coupe sur les pierres, généralement à la touche. Lors du combat le risque est moindre si l’on favorise l’usage du bateau pneumatique pour aller à la verticale du poisson. Pas question donc ici de pêcher lignes détendues et coulées sur le fond, pas question non plus de pêcher avec une tresse trop flottante compte tenu des passages des bateaux des autres pêcheurs. Le meilleur compris que j’ai trouvé c’est d’utiliser du gros nylon, pour protéger au mieux ma tête de ligne, et de créer une augmentation progressive des résistances depuis le bas de ligne (30lbs), la tête de ligne (autour de 55lbs en 60 ou 70/100) et le corps de ligne (65lbs pour une tresse 30/100 en Tournament 8 braid de Daïwa). Ca peut paraître gros, énorme même, mais pour résister à minima à l’abrasion je vous garanti qu’il faut ça…
Et encore, cela ne suffit pas toujours. Il faut donc que le poisson puisse se libérer facilement, j’insiste bien sur le facilement, du corps de ligne en cas de coupure. J’ai essayé plusieurs solutions qui lui permettaient en théorie de ne partir qu’avec le bas de ligne, sans être complètement satisfait en pratique. Le problème est double : il faut que le nœud de tête de ligne ne bloque pas cette libération, et il faut que le plomb ne se décroche pas puisque c’est son poids qui la permet. Sans beaucoup chercher j’ai vite trouvé mon bonheur lors de la sortie du chod safety system et du petit accessoire qui change tout : les No-Trace beads.

montage fini

Lors de la touche, la masse du plomb tire la ligne vers le bas, de fait le bas de ligne maintenu dans la bouche du poisson fait remonter la perle fendue d’un ou deux millimètres, elle s’échappe ainsi de la ligne. Le bas de ligne peut coulisser sur le corps de ligne ce qui a deux gros avantages : la carpe ne peut plus se servir de l’inertie du plomb pour se libérer de l’hameçon en tentant instinctivement des mouvements de bouche, et si la ligne casse, n’importe où, le bas de ligne coulissera grâce à l’émerillon à gros œillet sur la laisse aussi longue soit elle, libérant ainsi la carpe. Certes elle gardera le bas de ligne comme souvenir, mais c’est la moins mauvaise solution que j’ai trouvée. On pourrait philosopher sur les hameçons sans ardillons, pour ma part, dans ces conditions, je préfère garder cette petite sécurité, pour la simple et bonne raison j’espère, qu’il est impossible de maintenir le contact tout le temps (en montant dans le bateau, mettant le moteur dans l’eau, en remontant à la verticale du poisson…).

Revenons au chod safety systeme. Sur les fonds plat, ou dans la pente de sa berge, on peut l’utiliser tel que, c’est-à-dire la totalité du kit : manchon et perle en haut, baril vers le plomb et bas de ligne entre les deux, soit sur un lead core, soit directement sur la tête de ligne. On peut pêcher avec n’importe quelle densité d’esche. Par contre pour poser sur la pente de la berge opposée, la plus sûre pour éviter de se faire couper sur les pierres compte tenu de l’angle, il vaut mieux rapprocher le plus possible le bas de ligne du plomb. D’où l’idée d’utiliser, de façon peu usuelle certes, un Run Rig Rubber, puisque la perle fendue va pile poil dessus…

Comme tout médaille, celle-ci a son revers. Le premier inconvénient : vous allez perdre des perles fendues, à chaque touche ou presque. On ne va pas s’en plaindre puisque c’est le gage de sécurité voulu. Les poissons blancs (ou verts) font sauter la perle plus facilement qu’ils ne bougent le plomb, c’est d’autant plus vrai que ce dernier est lourd. Aussi, bien que ce ne soit pas réellement indispensable, il est possible d’ajouter un manchon et une seconde perle amovible à une cinquantaine de centimètres au dessus du plomb, au cas où… Autre limite : ce montage n’est pas prévu pour être lancé (la perle sauterait du Run Rig Rubber). De toute façon dans les caillasses il faut déposer en bateau, en recherchant les zones propices pour que le montage se présente bien. Or, comme rien n’est sûr à moins de voir le fond, l’idéal et d’utiliser un bas de ligne similaire à celui décrit ci dessous.

kontinental

Le bas de ligne sera réalisé en N Trap (30lbs) Soft. La souplesse relative (ce n’est pas non plus de la Super Natural) de cette tresse gainée permettra une présentation satisfaisante. De plus le revêtement protègera à minima le cœur en tresse. Croyez moi, n’importe quelle tresse nue s’use vite dans les pierres. Une flottante eschée sur un cheveu dépouillé de sa gaine, réalisé dans le prolongement d’un simple nœud sans nœud sur un Kontinental, donnera assez d’angle pour ne pas être obligé de prolonger l’hameçon d’un aligneur de ligne, bien que rien ne l’interdise pour autant. Un centimètre de tresse est également dénudé 4 ou 5 cm en dessous de l’hameçon pour créer la liberté nécessaire à sa bonne présentation (pointe en bas) lors de l’aspiration, aidé en cela par le contrepoids d’une chevrotine ou d’un Sinker recouvert de Dark Matter. Pourquoi une flottante ? Pour qu’à la dépose le bas de ligne descende au dessus du plomb et que l’esche se pose doucement sur le fond, équilibré par la cendrée. A ce propos, ne faites pas descendre votre montage verticalement, donnez lui un peu d’angle en posant sous la canne à droite par exemple puis en penchant votre canne à gauche lors des quelques secondes de la descente du plomb pour donner un peu d’angle et limiter l’emmêlement. L’autre extrémité du bas de ligne est noué à un émerillon Big Eye (ou à un Ring Klip pour changer plus facilement de bas de ligne), recouvert d’un Anti Tangle Sleeve Hooklink. Ce petit accessoire, comme son nom l’indique, limite aussi les risques d’emmêlement.

Pour que ce montage soit proche de la perfection pour l’usage que j’en fais, il reste juste à travailler encore un peu la liaison plomb/corps de ligne. J’utilise un petit kwick link pour pouvoir ôter le plomb lorsque je range les cannes dans le fourreau, mais aussi pour changer le bas de ligne noué à un Big Eye (j’ote le plomb, le kwick link, je sors le rubber, change le bas de ligne puis fais l’opération inverse). En fait je souhaite trouver une alternative au kwick link pour que le plomb puisse se libérer en cas d’accro entre les pierres. Cela arrive plutôt rarement et dans la majorité des cas il est possible en bateau de débloquer le plomb. Cela serait plus problématique avec un poisson au bout… mais j’ai quelques idées et réfléchis à « la Chose »… à suivre donc 😉

1) dénuder 10 cm de N trap Soft 30lbs
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2) monter un Kontinental avec un noeud sans nœud
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3) faire une boucle pour le cheveux
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4) escher une pop up
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5) ajuster la longueur du cheveu avec la bonne taille d’Extenda
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6) créer une articulation 4 ou 5 cm sous l’hameçon et mettre une cendrée
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7) enfiler un Anti Tangle Sleeve Hooklink
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8) nouer le bas de ligne à un Emerillon Big Eye ou à anneau
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9) serrer le noeud
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10) recouvrir le Big Eye avec l’Anti Tangle Sleeve Hooklink
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11) épissurer un leadcore avec à une extrémité un (petit) Kwick Link
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12) couper l’émerillon d’un plomb
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13) le relier au Kwick Link
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14) recouvrir l’ensemble d’un Run Rig Rubber
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15) enfiler le leadcore dans le bas de ligne
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16) jusqu’au Run Rig Rubber
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17) bloquer avec une safety bead
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18) Terminer en raccordant le leadcore à la tête de ligne, déposer et attendre la touche.
Eric (1)

Blowback rig (Média Carpe n°102)

Publié: 30 octobre 2011 dans Rig Box

Le blowback rig, utilisé avec un bonhomme de neige, a été conçu pour déjouer la méfiance des poissons. Le cheveu est noué à un micro anneau, pièce clef, qui permet à l’esche de se déplacer le long de l’hameçon. Si cette pièce offre une liberté inégalée à l’esche elle a un revers, celui de favoriser l’emmêlement du cheveu autour de la hampe lors du lancer. A moins de déposer les montages en bateau, je vous conseille d’utiliser un stick ou un petit morceau de ruban soluble pour contrer ce léger désagrément.

Revenons au bon côté de la médaille. Lorsque la carpe souffle l’esche, celle-ci entraîne l’anneau vers l’œillet, favorisant ainsi la chute de l’hameçon vers le bas (comme avec un KD rig dont nous reparlons un jour). Le positionnement de l’anneau, et la densité de l’esche, influencent ce mécanisme mais en tâtonnant un peu on trouve vite le bon équilibre et l’emplacement idéal. Pour permettre ce coulissement, la taille de l’anneau doit être adaptée au fer de l’hameçon, mais il faut surtout que la tresse soit la plus souple possible. La Supernatural de Korda est tout à fait adaptée à cet usage.

Il est intéressant de finaliser ce montage, comme beaucoup d’autres, avec un petit bout de gaine thermo rétractée sur l’œillet. En effet pour que l’hameçon pique il faut non seulement qu’il chute mais qu’en plus la pointe tourne vers le bas, ce que respectivement l’anneau favorise et qu’un morceau de gaine provoque. Il est même possible d’améliorer ce processus de bascule de la pointe en ajoutant une petite cendrée pincée sur un morceau de tresse ou d’élastique fixé immédiatement derrière l’ardillon. On se retrouve alors avec un montage qui a tout d’une balance romaine : au moindre mouvement la pointe alourdie tombe et pique.

Mécaniquement l’hameçon idéal pour réaliser un Blowback rig reste le Longshank (droit ou courbé), mais un Wide Gape fait également l’affaire. Lors de notre dernière session en lac nous avions fait le choix de pêcher avec des petits Wide Gape X (n° 6), tout simplement parce qu’une pointe rentrante s’émousse moins vite sur des fonds durs (graviers, pierre) qu’une pointe droite, et que d’autre part la taille des poissons et l’absence d’obstacle ne nécessitait pas de brider les poissons outre mesure.

Nous avons pêché aussi bien avec des flottantes (20 et 16mm) lorsqu’il y avait un peu trop de cailloux, en réglant la hauteur avec une petite plombée, qu’avec des bonhommes de neige dans les parties plus sableuses. Cette deuxième alternative est mécaniquement la plus efficace avec un blowback rig. Si vous voulez faire un bonhomme de neige il est important de mettre une bouillette dense plus lourde que la flottante. Une 24mm dense avec une 16mm flottante par exemple. De la sorte la flottante reposera sur la dense, comme la tête d’un bonhomme de neige, et l’hameçon sera complètement libre. La flottante (très attractive) permet de faire une présentation parfaitement équilibrée, très facile à aspirer et difficile à éjecter.

Photo 1 : nouer un micro anneau

Photo 2 : enfiler l’anneau sur l’hameçon et faire un noeud sans noeud

Photo 3 : mettre un bout de gaine thermo

Photo 4 : réduire la gaine à la vapeur

Photo 5 : enfiler deux petits sinkers sur le bas de ligne

Photo 6 : terminer par un link loop

Photo 7 : escher une flottante équilibrée par une cendrée

Photo 8 : photo montage dans l’eau

Safety rig (Média Carpe n°100)

Publié: 26 juin 2011 dans Rig Box

Je vais vous présenter une variante d’un montage pourtant très classique, probablement encore un des plus utilisés, constitué d’un simple clip plomb, éventuellement d’un anti emmeleur et d’un bas de ligne.

Le clip permet de perdre le plomb si, pendant le combat, celui-ci venait à se bloquer dans un obstacle. Il doit cependant être correctement utilisé. D’une part l’émerillon du bas de ligne doit rentrer en forçant légèrement dans le clip. Les clips plomb Korda ont une petite colerette qui correspond au logement en force d’un émerillon de taille 8 (on entend le « Klic » lorsque l’émerillon passe la colerette). D’autre part le manchon doit être mouillé avant d’être enfoncé de quelques crans sur le clip. Plus il sera enfoncé et plus le plomb aura de mal à se dégager… trop enfoncé le clip ne jouera pas son rôle de montage sécuritaire. Ca c’est la façon classique de fonctionner d’un clip plomb, mais on peut aussi prendre le contre-pied pour adapter son fonctionnement à d’autres situations.

La variante illustrée ci-dessous est celle que j’utilise, depuis assez peu de temps à vrai dire (lire « coup de poker » dans le top carpe max n°66), dans les lacs de barrages pentus. Leur point commun est le fond miné de pierres. Dans les éboulis, il y a des écrevisses, et s’il y a des écrevisses les grosses carpes ne sont jamais bien loin. Or qui dit lac de barrage, dit tresse (ou gros nylon). En dessous de 30/100 la résistance à l’abrasion des tresses s’avère insuffisante à la longue. Pour autant ce serait une erreur de se croire sauvé en utilisant des diametres supérieurs. Dans ces environnements particuliers les grosses tresses resistent globalement moins bien que les gros monofilaments et l’usage d’une tête de ligne en nylon de 60 ou 70/100 s’impose. Le hic c’est que le corps de ligne peut couper au dessus de la tête de ligne et la carpe se retrouver pendue à une longue laisse… L’astuce que je vais vous présenter est simple à réaliser et donne à la carpe beaucoup de chances de se libérer de la tête de ligne en cas de casse pour ne repartir qu’avec le bas de ligne… Il vous faut juste un clip plomb et un petit foret utilisé habituellement pour percer les bouillettes très dures. Vous pouvez même préparer vos clips à l’avance, à la maison.

Img 1 : à l’aide d’une petite vrille, percer le clip plomb à l’opposé du logement du plomb

Img 2 : passer le nylon dans le trou du clip plomb et faire une boucle…

Img 3 : … qui se positionnera autour du clip

Img 4 : passer le nylon dans l’émerillon du bas de ligne et repasser la tête de ligne dans le clip

Img 5 : épointer un rubber (cône) afin que le futur nœud de tête de ligne puisse passer dedans

Img 6 : mettre un plomb et coiffer le clip


Img 7, 8 : raccorder la tête de ligne au corps de ligne, avec un nœud albrigth

Img 9 : coupez le nylon le plus à ras possible

Img 10 : ajouter une agraphe et un bas de ligne

Pour que ce montage sécuritaire fonctionne bien il faut respecter 3 règles :

1) S’assurer que le nœud de tête de ligne passe bien dans le cone et le clip. Le nœud albright passe parfaitement avec du 60/100 (si le nylon est coupé à ras), mais ce n’est pas le cas avec tous les nœuds de tête de ligne. Vérifiez !

2) Il faut que l’émerillon puisse sortir facilement du clip plomb. Prenez le bas de ligne en main, laissez pendre le plomb, il doit pouvoir glisser sur la tete de ligne en tirant d’un coup sec (comme le ferait une carpe sur un départ). En fonction des modèles de clip utilisés il peut être nécessaire d’aplatir un peu la boucle de l’émerillon qui rentre dans le clip avec une pince.

3) L’émerillon doit pouvoir sortir du clip, mais avant le plomb ! C’est en effet l’inertie du plomb combinée au départ du poisson qui fera que la boucle qui tient l’émerillon (image 4) s’agrandira, que la tête de ligne coulissera dans le clip et que la carpe n’emportera finalement que le bas de ligne. Si le plomb se décroche du clip avant l’émerillon c’est soit que vous n’avez pas assez aplati l’émerillon, soit pas assez enfoncé le cone sur le clip…

A vous de jouer en espérant que vous perdiez le moins de montage et de poisson possible.

Chod rig (Média Carpe n°99)

Publié: 25 avril 2011 dans Rig Box

Le chod rig n’est pas révolutionnaire en soi, c’est une évolution, une adaptation du montage hélicoptère que nous utilisions il y a une vingtaine d’années, déjà ! Il en conserve le principal avantage, à savoir celui de pouvoir se lancer loin, sans emmeler. Moi qui habituellement dépose mes montages en bateau, c’est presque paradoxalement ce qui m’a séduit. En effet déposer n’est pas toujours possible, lors d’un coup du soir qui ne se conçoit qu’avec un minimum de logistique par exemple, ou encore lorsque la naviguation est interdite. Si à courte distance il existe toute une palette d’alternatives pour continuer à utiliser nos montages plus classiques (sac solubles, sticks…), lorsque les spots convoités tels que hauts fonds et autres herbiers sont à 100m ou plus, il n’y a guère d’autre solution que d’adapter le montage et propulser une petite esche voir si elles (les carpes) y sont.

Ce montage est somme toute assez simple, pour autant il est mécaniquement technique et doit être monté soigneusement, avec les bons composants, pour être efficace. Il faut tout d’abord choisir un hameçon de forme adéquate et un matériau suffisament raide pour former un bas de ligne court auquel on donnera une forme courbée, que les carpes auront beaucoup de mal à éjecter une fois l’esche engammée. Pour présenter un appât de 16mm, j’utilise un Choddy n°4. Je le raccorde avec un nœud sans nœud pour ensuite former avec l’exédent de monofilament, un D rig sur lequel j’enfile un petit anneau. Le bas de ligne est composé de Mouthtrap en 47/100. Ce nouveau matériau est vraiment révolutionnaire. Outre le fait qu’il n’ait pas de mémoire (ne marque pas, ne fait pas de plis), il est facile à nouer et à mettre en forme sans qu’il soit nécessaire de le chauffer à la vapeur. In fine il a une rigidité exceptionnelle, incomparable avec tous les monofilaments que j’ai pu voir à ce jour. A l’autre extrémité, soit à environ six centimetres de l’hameçon, je noue un petit émerillon à anneau. Cette pièce à un rôle prépondérant car c’est elle qui permettra la rotation et la bonne présentation de l’hameçon d’une part et qui, d’autre part, devra coulisser sur le corps de ligne pour en faire le particularisme du chod rig.

Le terme « chod »  désigne le fond et plus exactement toutes ses composantes qui habituellement peuvent rendre inopérant nos montages (herbes, vase…). L’astuce, à condition d’utiliser une esche suffisament flottante et libre (pas de stick), est de laisser le chod rig remonter sur la tête de ligne. Avec un montage classique le plomb s’enfoncant dans la vase, les herbes etc y entrainerait le montage. Le chod rig quant à lui reposera sur le substrat, sur les herbiers, parfaitement présenté.

Réalisation, étape par étape

img 1 : mini ring (anneau),  émerillon à anneau (n° 11), monofilament raide (Mouthtrap), hameçon (ici Choddy n°4), Kamo leader

img 2 : couper une vingtaine de cm de monofilament, faire un cheveux long de 2,5 cm environ, et réaliser un nœud sans nœud

 img 3 : enfiler le mini ring sur le cheveux, puis former un D rig en repassant le cheveux dans l’œillet (le diametre du monofilament doit est compatible avec la taille de l’œillet de l’hameçon), couper puis bruler l’exédent du D rig

img n°4 :  enfiler l’émerillon jusqu’à la longueur voulue (6cm environ)

 img 5 : faire trois tours en remontant vers l’hameçon, puis passer ce même brin dans l’espace libre entre le premier tour et l’émerillon.

 img 6 : serrer, couper puis bruler l’exedent de fil

 img 7 : pour donner la forme voulue au bas de ligne, tenir l’hameçon entre le pouce et l’index d’une main, et de l’autre arrondir la courbure du bas de ligne en glissant deux ou trois fois, de l’hameçon vers l’émerillon, entre le pouce et l’index

img 8 : pour réaliser la tête de ligne, j’utilise un Kamo leader Korda. Long de 80cm à 1m, il se termine d’un côté par une petite boucle sur laquelle on vient nouer la ligne…

img 9 : et à l’autre extrémité un émerillon -que je supprime et remplace par un kwik link- pour raccorder un plomb (missile idéalement).

Il contient des inserts de tungstène, au premier et au deuxième tiers de sa longueur. Ces plombées ont deux fonctions. La première est bien évidemment de plaquer doucement la partie de la tête de ligne non enfouie dans le substrat. La seconde est de permettre d’y bloquer la butée supérieure, une perle (ou un heli bead qui présente l’avantage de pouvoir être noué), sur ces portions légerement plus épaisses que le reste de la tête de ligne. Dans l’eau la flottante remontera le chod rig jusqu’à l’Heli bead, comme un flotteur coulissant le ferait jusqu’à ce qu’il bloque que la liguature ou le stop flot d’arrêt.

Il ne reste plus qu’à lancer, détendre légerement le corps de ligne et à attendre la touche.

Recoil rig (Média Carpe n°98)

Publié: 5 mars 2011 dans Rig Box

Le montage est la partie terminale d’une ligne que viendra ponctuer l’esche. La complexité n’est pas un but en soi, et dans 90% des cas un montage classique est parfaitement suffisant. A contrario la technicité peut permettre de gratter quelques pourcentages et poissons supplémentaires. 

Pour être totalement honnete, je n’avais guère prété attention à ce type de montage avant d’aller en Belgique en 2003 avec Fred Labrousse qui, pour la petite histoire, y fit ses premiers recoil rig au bord du Kempich canal avec les élastiques… de son caleçon ! C’est à peu près à la même période que les premières vidéos subaquatiques sont venues bousculer nos convictions, en nous montrant que de l’autre coté du miroir les carpes pouvaient faire table rase de nos amorcages, en touchant x fois l’esche, sans se piquer… Les images montrent bien que les poissons peu mobiles se jouent de certains montages qu’ils aspirent et expulsent avec une facilité déconcertante, comme ils le font avec des graviers, des débris divers. In fine tous les appats peuvent disparaître, à l’exception de l’esche. D’où l’idée du recoil rig, littéralement « montage à recul ». Le principe est de mettre légérement en tension le bas de ligne sur la plombée pour tirer la pointe de l’hameçon dans la lèvre du poisson, grace à un matériau élastique. Cela peut être suffisant pour eviter d’être soufflé et de transformer ce qui n’étaient que d’anodins bips ou fausses touches, en réels départs. Vous pouvez tester cette théorie avec la paume de votre main : deposez y un montage et retournez la vers le bas, bouillette et hamecon tomberont. Faites de meme avec un recoil rig en mettant tres légérement le bas de ligne en tension : dès que la pointe de l’hameçon pique dans la peau (surtout s’il est fin de fer et affuté) le montage reste accroché à votre main. Ce n’est bien sûr qu’une image, mais elle explique mieux que de longs discours le principe du recoil rig. Toute la difficulté (mais aussi le plaisir pour ceux qui aime penser montages) consiste donc à associer les bons éléments : plombée la plus inerte possible, hameçons fins et tres piquant, tresse souple, élastique souple mais suffisament puissant… pas simple. Pour le plomb on privilégiera donc un grammage important et une forme trappue. Pour les hameçons il faut tomber dans une finesse relative, en l’adaptant aux autres conditions (obstacles…). Rien de bien nouveau jusque là. Ce qui est plus difficile c’est de trouver la bonne tension élastique et là il n’y a pas une solution, mais des solutions qui ont évoluées dans le temps. La plus ancienne consiste à utiliser de l’élastique roubaisien, celui utilisé pour la pêche au coup. Il y a toute une palette de puissances, les plus interessantes pour les montages fins étant les plus faibles, que l’on aura d’ailleurs un peu plus de mal à reproduire avec les solutions que nous allons voir plus loin. On part d’un bas de ligne classique en tresse sur lequel on noue un morceau d’elastique, à l’émerillon d’un côté et sur la tresse de l’autre, pour former une boucle. C’est cette réserve de tresse qui permet de tendre l’elastique et d’obtenir dès le premier millimetre l’effet de recul voulu. Cette solution ayant l’inconvénient de s’emmeler, elle a été remplacée dans nos boites par la version utlisant une gaine silicone (ou un élastique creux de caleçon) dans laquelle passe un morceau de tresse un peu plus long que la gaine. La tresse est nouée à chaque bout à un micro émerillon que la gaine silicone viendra coiffer en force. En ajoutant la terminaison voulue, on peut réaliser ainsi toute sorte de montages combinés ou plus exactement de montages articulés (hinged-rig) dont je vous reparlerai prochainement. C’est d’ailleurs le principal avantage de cette version. Aujourd’hui je vais vous présenter une alternative simple à réaliser et facilement adaptable à vos propres montages, pour peu qu’ils soient réalisés en tresse, grace à une toute petite plombée (en fait du tungstène) : le sinker.

Photo 1 : nouer l’hameçon de votre choix sur une tresse souple,

Photos 2 et 3: glisser un premier sinker sur le bas de ligne

Photo 4 : couper un morceau de gaine silicone long de 6 à 8 cm

Photo 5 : enfiler la gaine sur une aiguille

Photo 6 : pousser la gaine sur la tresse

Photo 7 et 8 : puis sur le 1er sinker

Photo 9: mettre un deuxième sinker et pousser la gaine dessus

Photo 10 : terminer le bas de ligne avec un émerillon ou un Link loop pour le relier au corps de ligne

NB : le réglage de la tension de recul se fait en maintenant un sinker et le bout de la gaine contre l’émerillon tout en remontant l’autre, également bloqué à l’autre bout de la gaine, sur la tresse vers l’hameçon.

A vous de jouer.