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Sur Facebook j’ai demandé à mes faux lovers et vrais amis ce qu’ils choisiraient entre prendre une carpe pesant 40 kg dans le privé (centre de pêche commercial) et prendre une carpe de 20 kg dans le public (eaux ouvertes à tous moyennement un permis de pêche). Métacognition aidant je savais pertinemment que ma question était pipée. En effet mettre en balance le critère de poids et le lieu de la capture, sous-entend deux choses. Primo qu’un poisson de 40kg vaille plus qu’un poisson de 20kg. Deuxio qu’une capture dans le privé vaille moins que dans le public.

Pour le premier critère, la pyramide du mérite d’une capture serait donc directement liée à celle de la rareté des lourds spécimens. Il y aurait pourtant beaucoup à relativiser si on analysait la capturabilité des gros poissons connus, si on contextualisait en fonction de la chance ou de la campagne d’amorçage (est-on plus méritant quand on a les moyens d’amorcer plus ?), du temps passé, de ce qu’est un spécimen en fonction des eaux d’ici ou de là, de connaissance des habitudes des gros poissons donc des infos échangées et de réseaux des spécimens hunters…

Quant au second critère de “mérite”, le lieu de la capture, il est souvent minimisé par la petite taille des eaux, la densité de poissons obèses ou à la génétique sélectionnée dans le privé, voire parfois leur origine douteuse et la relation tarifée. A contrario il est aussi évoqué par certains la pseudo difficulté des plans d’eaux privés. Là où les uns mettent en avant le mérite de capturer des poissons éduqués, les autres parlent du stress de captures relâchées et reprises sans relâche, car dépendantes des amorçages pour se nourrir.

Il y a donc, de façon consciente ou inconsciente, assumée ou pas, une connotation négative liée au privé, sinon la question n’aurait pas vraiment de sens et n’appellerait même pas de réponse. Notons d’ailleurs la pirouette de plusieurs personnes qui ont répondu préférer prendre une 40kg dans le public. Notons également que ceux qui pratiquent le privé argumentent pour certains un choix par défaut ou s’offusquent pour d’autres d’un débat merdique, un débat qui n’en est un que parce qu’eux même pensent de façon consciente ou inconsciente qu’ils ont moins de mérite et inversement.

A l’éclairage de l’ensemble des réponses, le dilemme consiste quelque part à choisir entre ce que j’appellerai de façon pédante « félicité et vertu ». Arriver à s’accorder sur le sens commun de ces deux mots est déjà compliqué. Mais on peut à minima s’accorder sur l’existence d’une différence ou d’une graduation de sens entre « plaisir, bonheur, félicité » ou entre « morale, valeur, vertu, éthique »… Sinon pourquoi autant de mots différents ? Il y a des plaisirs sans bonheur, des bonheurs dans l’ascèse, des plaisirs peu moraux, voire totalement illégaux. Bref si on ne saisit pas les différences il sera dès lors compliqué de se comprendre.

Ceux qui mettent en avant « les deux » ou disent « peu importe pourvu qu’on ait du plaisir » me rappellent la philosophie de Prodicos de Céos qui proposait, entre félicité et vertu, de ne pas se laisser enfermer dans l’alternative : les deux Mon adjudant ! Si tout le monde à une vague notion de ce qu’est le bonheur (pas toujours où le trouver) c’est vite un peu plus compliqué lorsqu’on parle de vertu, valeur, morale, éthique. Choisir les deux (le plaisir facile et la vertu) c’est donc un peu comme dire qu’on est vertueux et chercher le plaisir… auprès de femmes de petite vertu. Si le service de ces dames est légal, personne ne devrait avoir à y redire, sauf si on fait la différence entre la loi et la morale des hommes d’une part, l’éthique individuelle, les valeurs, la vertu. Impossible de sortir vraiment du débat sans prendre un peu de hauteur. C’est pire en le tirant vers le bas.

J’aurais d’ailleurs pu prendre la philosophie de Diogène de Synopse en référence, pas pour confirmer ma pensée, mais pour aider à la réflexion. Il oppose, pour faire simple, la loi des hommes (et autres morales, vertu…) à celle de la Nature. Pas de bien ni de mal, pas de préjugé culturel ou autre, les lois de la Nature. Une de ses tirades a traversé les siècles : « le soleil entre bien dans les latrines sans cesser d’être lui même, ni de s’y souiller ». Bref on devrait bien pouvoir pêcher où on veut sans cesser d’être soi même, et se faire plaisir y compris en plan d’eau privé comme en place publique (sic).

Le cœur du débat, c’est que cette simple question titille notre petit ego. C’est là que le bât blesse, où ça fait mal, raison pour laquelle ça peut vite tourner au combat de petits coqs. C’est juste de la pêche, imaginez pour le reste. Le même ego que vous alimentez et qui fera quelqu’un de vous si vous posez avec pleins de gros poissons ou un moins que rien parce que vous pêchez dans le privé.

Alors zen, posez vous les bonnes questions, vous trouverez les bonnes réponses.

C’était mieux avant

Publié: 11 septembre 2016 dans humeur

J’ai déjà partagé quelques réflexions sur le sujet, que je voudrais aujourd’hui aborder sous un autre angle.

Je ne suis pas les pieds dans l’eau depuis si longtemps que cela, enfin moins que tous ceux qui sont plus vieux que leur père. J’ai quand même l’impression que le monde évolue extrêmement vite, et me demande comment faire autrement que de le suivre sa course un peu folle, juste pour ne pas être en marge de la société.

Alors oui je vis avec mon temps et use à vrai dire bien volontiers de ses facilités. Or, facile justement, bon nombre de choses sont devenues. Prenons l’exemple tout simple de la pêche de la carpe. C’est probablement celle qui a le plus évolué en ce sens depuis un quart de siècle. Ceux qui en ont deux en témoigneront mieux que quiconque, qui plus est si ils ont un minimum de culture dans le domaine. Avec un cheveu, un montage bloqué et une bouillette ready made , n’importe quel couillon peut aujourd’hui espérer prendre une carpe de 20 kilo (je pourrais même dire 30) si tant est qu’il pêche là où il y en a. Si on ajoute à cela que ces endroits ont vite fait le tour du monde avec l’avènement d’Internet, où sont sortis de nulle part pour se multiplier comme les bordels sur la route de l’or, la boucle est bouclée.

Mieux ? Moins bien ? C’est comme ça. D’un peu on est devenu beaucoup plus là où on était moins, c’est indéniable. Les choses étaient moins faciles avant-hier, du temps du cercle restreint des carpistes presque disparus aujourd’hui, plus restreint qu’hier et bientôt encore plus qu’avant hier. Aujourd’hui c’est une pêche plus facile, plus populaire, plus médiatique, plus accessible, plus porteuse ; un business qui a explosé comme les plans d’eau à bœufs ; des postes et points GPS qui se refilent et se répandent comme la vérole sur le bas clergé. Aujourd’hui qui ne connaît un carpiste parmi ses collègues de boulot, dans sa famille, des amis, sur les réseaux sociaux ?

Il n’y a bien paradoxalement que certains réactionnaires qui se ressemblent, se cooptent et s’assemblent, à ne pas voir le côté « populaire » de cette pêche, eux qui n’ont vu que le sandre quand renaissait un phénix. Ce qui s’est passé pour la carpe, se répète avec la pêche des carnassiers etc.On pourra, je le ferai, extrapoler la réflexion qui va suivre à beaucoup de faits de société.

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Désolé (même pas vrai) de devoir l’écrire, la quantité nuit malheureusement à la qualité. Ce n’est pas être élitiste que de dire cela (et tant bien même), c’est d’abord purement mathématico-logique et ensuite le résultat d’un comportement connu sous le nom d’effet Pygmalion.

D’une part, puisque c’est ce qu’il y a de mieux réparti parait-il, il y a un effectif de cons 50 fois plus élevés dans un échantillon de 50 000 pris au hasard que dans un de 1000. Le jour où vous en aurez d’ailleurs marre des bredouilles, optez pour la pêche au con, ça mord toujours. Comme d’autre part on ne voit ni n’entend parler de l’immense majorité de ceux qui entrent dans la catégorie des « pas cons », le raccourci est vite fait : les carpistes sont tous des cons (comme les juifs ont les doigts crochus, les mulsumans de la dynamite à la ceinture contrairement aux curtons qui eux n’en ont pas -de ceinture- et perdent facilement leur froque). Et bien non, ce n’est ni objectif ni bijectif (ça ne marche pas dans les deux sens). C’est un effet de masse, qui fait qu’on tombe forcément sur un con à un moment et ce dans n’importe quelle corporation. Allô quoi, ne jetons pas Brigitte Bardot avec l’eau du bain ! C’est un sophisme, un truc qui ressemble à une vérité, qui fait prendre les vessies pour des lanternes aux esprits simples. Exemple classique : « tous les chats sont mortels, Socrate est mortel, donc Socrate est un chat » (la vérité serait « Socrate est un chat, donc Socrate est mortel » ; or l’équation n’est pas vraie dans les deux sens : si tous les chats sont mortels, tous les mortels ne sont pas des chats…

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Ca(r)pisto ? Oui (sinon sautez un paragraphe) ? Alors remplacez chat par carpiste et mortel par con ou par équipé de détecteurs. Tous les carpistes ne sont pas cons (même si l’effet de masse fait qu’on va bien tomber sur un) et de plus tous ceux qui pêchent avec des détecteurs ne sont pas forcément carpistes (au sens technique puisque de plus en plus de sandriers ou de siluristes s’y sont mis, mais aussi au sens du cercle des carpistes disparus mais là c’est un poil plus compliqué puisqu’on se réfère à des valeurs, à la culture…)

Non ? Je ne peux rien pour vous, désolé.

Deuxième étape, après l’effet critique de masse et le sophisme : l’effet Pygmalion. Puisque les carpistes sont tous (considérés comme) des cons, certains (et pas forcément les plus cons malheureusement, mais peut-être ceux s’énervant le plus de cette injuste victimisation) réagissent en ironisant (à la face du monde) sur telle AAPPMA ou telle Fédé ou tel président qui au final disent (eux ou leur entourage) : vous voyez bien que j’avais raison, vous avez vu comment ils réagissent ces carpistes ? Comme des cons. Vous pouvez remplacer carpiste par n’importe quel groupe/régiondefrance/pays/religieux/sexe/etc ça marche pareil et con par n’importe quel autre adjectif (si possible vexant c’est mieux) ça marche aussi. C’est souvent la façon de se comporter avec les gens (et je dirai même avec les animaux) qui les font devenir individuellement ce qu’on leur reproche faussement, et l’amalgame qui crée un certain nombre de nos problèmes de société en dressant les uns contre les autres. Méditez.

Deuxième effet qui s’coule : non seulement la quantité nuit à la qualité en terme de relationnel avec l’extérieur du groupe, mais à force d’être pris pour des cons, les pas cons du groupe s’épuisent et fuient le groupe (ce qui facilite la marginalisation du groupe qui n’a plus d’avocat). L’effet est donc double (voire triple je vais y arriver) puisque l’extérieur dit aux pas cons du groupe qui se rebellent « vous n’avez qu’à balayer devant votre porte ». Combien de fois j’ai entendu cet argument, débile permettez moi. On sait tous que lutter contre la connerie humaine (pléonasme à mon sens) c’est comme vouloir remplir le tonneau des danaïdes, or les pas cons passeront plus ou moins vite à autre chose. Chacun peut avoir un peu de temps à donner, mais rarement à perdre. « Démerdez vous donc du merdier que vous avez foutu » disent à leurs détracteurs les pas cons qui ne reconnaissent pas dans l’image qui est donné au groupe, sachant qu’in fine des cons il n’y en a pas plus ici qu’ailleurs (y compris du côté de ceux qui critiquent) et lycée de Versailles.

Triple effet enfin : comment voulez vous qu’un carpiste « pas con » s’investisse dans une quelconque gouvernance de groupe (club, AAPPMA, Fédé…) si ils sont pris pour des cons ?

Bref, heureusement personne ne devrait se sentir visé parce que les carpistes investis le sont forcément dans des AAPPMA ou fédés qui ne les prennent pas pour des cons, CQFD.

Je voulais en venir en conclusion à un autre phénomène, celui du « c’était mieux avant » mais sous un autre angle : le vintage. Je ne crois pas qu’on aime le « vieux » parce que c’est vieux. Techniquement c’est souvent moins performant que le neuf (rien de sexuel s’entend) mais là aussi ça se discute quand on compare à certaines « chinoiseries », et si ça complique un peu les choses, ça peut aussi les rendre plus savoureuses. Je crois que c’est avant tout un état d’esprit, donc un choix personnel, sauf à devenir une mode et à grossir. Mais de toute façon, le vrai vieux n’existant qu’en quantité limitée, le groupe aura forcément une taille critique. C’est peut-être justement le pourquoi du choix du moins pour le mieux, un retour cette fois ci un peu nostalgique. Nostalgique des choses bien faites, des beaux objets, faits de beaux matériaux, de façon quasi unique ou en quantité limitée par des artisans passionnés. Y retrouver une âme et la sueur du temps où l’on prenait le temps, pas la sueur de l’ouvrier chinois (certes lui tout aussi méritant) exploité par les intermédiaires à produire sur la chaîne des temps modernes. C’est comme emmener une cafetière à l’italienne et du café moulu plutôt qu’un pot de café lyophilisé, prendre plaisir et le temps de faire un bon café. D’ailleurs le slogan publicitaire « grand-mère sait faire un bon café » ou les confitures « bonne maman », les AOC du pinard ou des fromages qui puent, le terroir, le (hand) made in France, ça titille quoi si ce n’est ce goût et le temps de vivre perdus ?

 

 

 

Interview

Publié: 25 mars 2016 dans humeur

J’ai répondu à une interview pour Alliance Pêche en octobre de l’année dernière, pour une publication qui ne devrait plus tarder à paraître… Or depuis il y a eu plein d’événements qui me poussent à vous en livrer quelques extraits.

Alliance :  L’amitié, la notion de groupe, le collectif, des mecs qui avancent ensemble… Ces valeurs là sont-elles les tiennent ? 

Je suis un altruiste de profession […] Pour autant je reconnais bien volontiers que je suis assez agoraphobe, à tendance misanthrope parfois. Ça peut sembler paradoxal, mais pas tant que cela en fait. L’instinct grégaire c’est avant tout un reste d’instinct de survie. L’homme n’était pas taillé pour survivre dans la nature, il y est parvenu grâce à son cerveau, un poil plus gros que celui des autres animaux, à la création d’outils etc, à la vie en société. Pour gagner on n’a donc pas  vraiment d’autre choix que d’être collectifs. Aimer être seul et être obligé de vivre ensemble pour survivre c’est peut être le dilemme de notre société. Nos escapades au bord de l’eau, au fond d’une tente, ne sont-elles pas des échappatoires, un alter bus 142, une autre cabane au bord du lac Baïkal ou de l’étang Walden ?

142

[…]

Puisqu’il faut mettre des mots (sur d’autres) c’est peut être pour cela qu’on paraît bizarres et que beaucoup ne comprennent pas pourquoi on s’évertue tant à prendre un poisson qu’on relâche, ou qu’on veuille pêcher de nuit. Nous en sommes collectivement en grande partie responsables, parce qu’il est plus facile de paupériser et de montrer le superflu que de partager l’essentiel (l’essence même, la philosophie de la pêche). Comme il est plus facile de faire de la piquette qu’un grand cru, d’instruire que d’éduquer. Montrons donc de belles histoires, de beaux écrits, de belles photos, de belles vidéos.

Nous sommes responsables car si il y a trop de personnes à ne voir que le doigt c’est peut être parce que trop de sages n’ont pas su montrer la lune.

[…]

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D’un côté je crois que la pensée unique est plus dangereuse que les divergences d’opinions (et la liberté d’expression), et d’un autre côté je sais que le monde n’est pas aussi manichéen qu’on voudrait nous le faire croire. Il y a donc forcément des courants d’idées variables et plein de nuances de gris entre le blanc et le noir. Tant que chacun ne saura pas mettre un peu d’eau dans son vin et campera sur ses positions, on se divisera encore et encore, et on ne fera jamais aboutir nos objectifs communs. Ça creuse le lit de l’extrémisme et du populisme. Je l’ai écrit, je persiste et signe : plus il y aura de gars dans le privé, moins il y en aura dans le public et très égoïstement, moi ça m’ira très bien ainsi. On pourrait en débattre longtemps et se diviser encore et encore. Si on avait pu éviter cette division avec la FFPC, ou avec la presse, ou au sujet du privé ou autre, on n’en serait pas au point mort aujourd’hui. Comme je le disais dans un papier sur mon blog, pour provoquer la réflexion, les alliés (pour ne pas dire l’Alliance) ont bien pactisé avec Staline qui n’était pas un enfant de cœur, pour faire capituler l’Allemagne nazie. Même si on est à une toute autre échelle (ce n’est que de la pêche !) ça n’en reste pas moins une question de stratégie, voire de politique, et ça, qu’on le veuille ou non, ça dépasse largement la vision individualiste, ou les discussions de comptoir que chacun peut et à le droit d’avoir. Si chacun s’arrête à la vision de celui qui lance le plus loin, ou au fric qu’une marque ou qu’un mag peut se faire à court terme en redorant le blason de trafiquants de carpe, en ne se souciant pas d’une vision à plus long terme (à moyen terme), sur ce qu’on veut pour demain, on n’y arrivera pas. Le hic c’est qu’en termes de vision et de politique il y a désormais un trop grand vide, une chaise qu’on ne sait pas ou qu’on n’arrive pas à occuper, et l’absence d’un leader charismatique capable de dynamiser cet esprit d’équipe. Voilà mon avis et ma position sur le collectif évoqué plus haut. Ça n’empêche pas d’avoir un avis purement personnel, tu le connais, mais une somme d’avis personnels n’a jamais fait fonctionner un système, c’est au contraire la raison de beaucoup d’échecs. Tout le monde sait qu’il faut éviter de parler politique lors d’un dîner de famille, surtout si on a un tonton facho, un autre coco, ou de religion… Le paradis il est ici bas. Ne croyez pas que 50 carpes vierges de toute piqûre vous attendront dans l’au-delà carpiste si vous menez une guerre sainte.

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Je ponctuais la première partie de cet article, axée sur les amitiés plus ou moins virtuelles par : Bref, moi je ne cherche pas à collectionner les amis à n’importe quel prix. J’en ai autant que de doigts nécessaires pour pouvoir transcrire sur le clavier les pages partagées de ma vie et suffisamment peu pour m’éviter de devoir faire des courbettes ou d’avaler des couleuvres qui, à force de grossir inverseraient le rapport de prédation.

Ours un jour

Je trouve les paraboles bien plus poétiques, pédagogiques, riches de sens, que les discours monocordes magistraux insipides. Aussi je préfèrerais laisser courir l’imaginaire plutôt que de commenter une cruelle dissection, comme on pourrait nous le demander avec une fable de la Fontaine lors des épreuves du bac de Français (hein mon fils 🙂 ). Pourtant je vais le faire, afin d’être le plus univoque possible : être un ours, ENTIER, UN et INDIVISIBLE, ça peut devenir vite, très vite compliqué en société. Un mouton en troupeau passe encore, mais un ours ? Vous imaginez, vous, un ours vivre en bande ? Si à un on l’évite, à plus on en est vite une (bande de oncs). Car il y a forcément à un moment ou un autre, à un sujet ou un autre, des courants d’idées différents, suivis de débats et de Clashs, de divisions plus faciles que le omcpromis (chose due). Should I stay or should I go ? Cruel dilemme, je vais y revenir avec l’affaire puis l’équilibre de Nash.

Avaler des couleuvres.

Je vous l’ai dit, de Nantes ou d’ailleurs peu importe, j’aime les paraboles. Et des colubridae ce n’est pas ce qui manque au quotidien. Enfin si on veut bien les voir. Car en fonction du centre d’intérêt de chacun –et il n’y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir – elles peuvent paraître plus ou moins grosses.

Celui qui est totalement indépendant ou plutôt non représentatif au sens où sa parole n’engage que lui, et qui voit ou croit voir sous les traits d’un moucheron ou du moindre cheveux sur la soupe anguille sous roche, n’avale rien. Certes il ouvre sa bouche, mais c’est pour recracher la soupe avec tout son venin, le comble pour une couleuvre me direz vous, mais tellement humain (ecce homo).

Celui qui est mouillé lui aussi ouvre grand sa bouche, mais pour sucer la roue de son leader ou la ligne du parti, même si celui-ci (le meneur) reste en arrière (ligne). C’est certes acrobatique, mais ce n’est pas la première fois qu’un membre d’un team aura la tête dans le culte. Il avalera à ce titre des couleuvres de plus en plus grosses, jusqu’à ce qu’elles bouffent de l’intérieur une à une ses VALEURS, si tant est qu’il en eut un jour. Disséquons : concrètement quand j’ai entendu dire (par exemple) que personne ne boycottait la SNCF qui a été associée à la déportation de milliers de juifs pour justifier l’achat de produits distribués par la marque associée au plus grand trafic de carpes en France, je me suis consolé en me disant qu’il valait mieux entendre cela que d’être sourd.

Si t’as pas d’ami prends un Nashy

Dans la théorie des jeux, l’équilibre de Nash, de l’éponyme John Forbes Nash, est un concept de solution dans lequel l’équilibre entre plusieurs joueurs, connaissant leurs stratégies réciproques, est devenu stable du fait qu’aucun ne modifie la sienne sans affaiblir sa position personnelle. Une sorte de compromis gagnant-gagnant. Ceci étant dit, mon propos n’est ni de juger ni d’absoudre, qui serais-je pour cela, juste d’essayer de comprendre et de mettre en lumière ce qui se passe lorsque chacun réagit en fonction de ses propres intérêts.

Lorsque Stéphane Gonzalez publia un édito qui tomba comme un cheveu sur la soupe, je peux parfaitement comprendre que ceux qui n’avaient aucun intérêt dans la revue, aient considéré cela comme une masta couleuvre, et l’ait recrachée. Comme je suis un ours, entier un et indivisible, et que je n’avais que faire des intérêts, j’ai recraché aussi la soupe, servie froide, 7 ans après. J’ai claqué la porte. Pourtant à décharge Stéphane n’était pas des plus mauvais compagnons de dure lutte, en tout cas pas moins veuille-je dire que ceux qui n’ont jamais rien fait d’autre que de théoriser, ou de fermer les yeux, ou de fermer leur bouche, par stratégie ou intérêt personnel.

Même topo lorsque Fernand a accepté le sponsoring de l’Equipe de France.

Car impliqué collectivement c’est vite plus complexe, car il y a forcément des divergences d’opinions. Des couleuvres, des grosses, on en a avalé, les uns et les autres, lors du match France Angleterre par exemple. Nous étions peu nombreux à porter en Aveyron les VALEURS de l’UNCM inscrites en lettre d’or sur fond noir « I did’nt move the fish ». Contre l’avis de pas mal de nos supporters de l’époque d‘ailleurs qui ne comprenaient pas, voire condamnaient cette participation. Mais je crois, non, j’en suis sûr maintenant, qu’il fallait y être. Retournons donc en Aveyron, en 2005. Pour ne pas froisser plus nos adversaires, dont Bob l’éponge accusé d’avoir à l’époque dans son plan d’eau un poisson issu du domaine public, qui faisaient lourdement pression sur l’organisateur en le menaçant de boycotter le match, ce dernier nous a gentiment demandé d’ôter nos sweats. Il faut dire que Philippe, chefs des entiers, et Sam le Pirate de mémoire, avaient quelques heures auparavant bien chauffé l’ambiance en refusant de serrer la main moite, enfin je suppose, de Bob l’éponge. Stéphane, l’organisateur, a aussi avalé son lot de couleuvres puisqu’il a été le jour même évincé du conseil d’administration de l’UNCM. Pour autant il a toujours laissé ouvertes les colonnes de sa revue à l’UNCM. Cela, et d’autres choses encore, appartient désormais à la petite histoire de la pêche, voire à la rubrique des chiens écrasés.

Pourquoi les déterrer donc ? Parce que d’une j’ai retrouvé le brouillon de ce vieux papier au fin fond d’une clef USB, et que le temps et l’actualité aidant, il me montre à quel point c’est compliqué de concilier position collective et stratégie individuelle, ou position individuelle dans une stratégie collective. En fait c’est plus pas facile que c’est compliqué 🙂 . Allez j’arrête de jouer : le seul équilibre stable c’est le gagnant/gagnant, faut pas être sorti de St Cyr. « Et de deux ? » me direz-vous… j’y viens.

Continuons avec un St Cyrien, sautons allégrement du coca light et revenons à la notion de stratégie et à la grande Histoire. J’entendais il y quelques jours un Général au brillant parcours, enseignant désormais la stratégie à Sciences Po Paris, répondre à l’assertion d’une journaliste répétant comme l’écho la théorie de « l’inutilité des frappes aériennes sans engagement de moyens au sol ». Ce à quoi le Général répondit qu’il ne s’agissait pas d’une question de moyens, mais d’une question de STRATEGIE et de VISION. Poursuivant par « que les parties prenantes s’accordent d’abord sur la vision (en l’occurrence géo-politique du moyen orient et du monde de demain) et ensuite déclinent la stratégie, avant de parler tactique et moyens » (je paraphrase de mémoire). Il a aussi indiqué qu’il faudrait probablement pour lutter contre l’Etat Islamique s’associer avec la gouvernance des pays du moyen-orient (pas contre mais avec) en reprenant de façon assez pédagogique l’exemple de la coalition historique des alliés avec Staline, contre Hitler et l’Allemagne nazie. C’est un euphémisme de dire que Staline n’était pourtant pas un ange. Moins nombreux auraient été ceux à décrier une telle alliance sur le net (s’ils avaient pu à l’époque) qu’ils ne le sont aujourd’hui à ânonner qu’il faudrait bombarder la Syrie (pour en faire quoi ensuite ? Bombarder des civils pour nourrir là bas la haine de l’occidental et le terrorisme, et ici des idées à l’extrême limite droite de la xénophobie et du fascisme ? Entretenir la guerre au prétexte de chercher la paix ?) et surtout nous protéger de l’invasion des migrants (que disais-je), alors même que ces pauvres hères ne cherchent qu’à fuir la mort, à sauver leur peau comme nous le ferions à leur place, si la chasse à l’ours était ouverte.

Pour en revenir à la chute de l’Allemagne il a bien fallu, primo, se projeter et s’accorder sur une VISION d’après guerre (avec partage de la gouvernance de l’Allemagne entre l’Ouest et l’Est etc) pour élaborer, secundo, une STRATEGIE commune et décliner, tertio et suivants, la tactique les moyens… donc de s’allier avec l’URSS pour faire capituler l’Allemagne nazie dans une sorte d’équilibre de Nash, d’avalage de couleuvres, d’hasardeuses diplomaties… mais de très grande Diplomatie. Il est là le « et de deux ». Vous avez toujours du mal à voir le rapport ?

Et de deux, parce que c’est juste dommage donc, pour pré-conclure, que nous n’ayons pas su trouver un tel équilibre entre les différentes parties prenantes, médias, associations, simples (pauvres) pêcheurs que nous sommes, du public ou du privé etc. Parce que nous sommes toujours en train de nous diviser voire de nous battre parce que nous sommes tous occupés à défendre « nos » intérêts et qu’aucun ne veut faire un pas vers l’autre et modifier sa (pseudo) stratégie dans une vision commune. Et pour cause, au dessus de la pyramide « vision > stratégie » il y a les intérêts (divergents) alors qu’il devrait y avoir les VALEURS. Celles universelles et non catégorielles (ou religieuses). Je sais, je rêve.

Tous les mecs qui écrivent dans Média, tous les mecs qui pêchent en compét’ et prennent une licence à la FFPC, tous les mecs lambda qui pêchent avec du Nash ou dans le privé ne sont pas des vendus à la solde du démon… Je n’ai aucun état d’âme à l’écrire et ça ne changera ni mes convictions, ni mes valeurs, ni ce que je suis. Toujours entier un et indivisible, sinon plus. D’autant que démon (comme couleuvres) égal religion manichéisme guerre etc.

La guerre est une chose trop grave pour être confiée aux militaires disait Tigrou (séparation des rôles politiques et militaires). Nous ça ne reste que de la pêche, une chose sans importance qui peut donc être confiée aux pêcheurs.

Winny

Electronique… ta mer

Publié: 14 août 2015 dans humeur

Je vais y aller de mon quart d’heure en mode Taz de Tasmanie, parce que y’a des trucs qui me gonflent. Sûr que je ne vais pas me faire que des amis, mais tant pis, resteront les Curly.

Je vais juste préserver sinon mes arrières du moins la réponse facile qu’on pourrait me faire style c’est un billet de vieux réac frustré, de plouc sans dent. Vous avez le droit de le penser, sauf que je n’ai rien à redire à ceux qui veulent se faire plaisir avec un grand écran sur leur bateau et que ne pas faire de même n’est pas une question de sous, juste un question de choix. Pas plus que je rejette la modernité bien au contraire. Je reconnais bien volontiers qu’en action de pêche un échosondeur performant couplé avec un GPS lui-même couplé avec le moteur pour gérer les dérives doit être un confort de pêche pour trouver les poissons, recouper plein de paramètres et améliorer par conséquent sa lecture de l’eau et sa pêche. Je reconnais aussi que le côté technologique donne (tout comme les anglicismes évoqués dans mon précédent article) un côté moderne et booste la pêche, ce qui n’est pas un mal allais-je ajouter. Mais je n’en suis pas si sûr.

évolution

Je ne vais pas me la jouer (sado) maso ou Koh-lanta. Je ne vais pas prôner ici le goût de l’effort ou du dépassement de soi, ça reste de la pêche de loisir et y’a pas de bien à se faire du mal. Sauf qu’à ce compte ça se termine par je t’emmène à la pêche sur le spot, je te prépare la canne, je te pique le poisson, voire je te le sors et tu poses avec sur la photo. Non ? En êtes vous si sûrs ? Parce que l‘argument de vente avoué ou inavoué, ou ce qui pousse à l’achat sciemment ou inconsciemment, ça reste moins le graal, la poudre de perlimpinpin, le leurre ou la bouillette philosophale, que l’égo et la gloire (éphémère) de nos pairs. T’as pas le point GPS du DCP, ou l’électronique qui te permets de trouver le spot dans la botte de foin, ben t’es brecouille et t’as pas ta photo sur face de bouc. Je n’aborderai pas ici le privé, mais ça revient au même. La fin justifie les moyens (oups j’avais dit pas le Marquis de Sade).

Bon au pire, qu’on s’assoie sur le goût de l’effort et que ça fasse mal au luc, après tout chacun fait ce qu’il veut du sien et voit midi à sa porte. Le seul hic, c’est justement que c’est la porte ouverte au grand n’importe nawack, à la mondialisation de l’info et au pillage des pseudo hot-spots. Pseudo parce que si tout le monde se refile les points GPS et pêche en mode « go to », forcément tout le monde se retrouve au même endroit, sur plus ou moins la même dérive, et fatalement c’est là que se prendront les poissons. C’est tellement plus simple de s’amasser à 77 bateaux (mouche) sur un épron (sic) que de faire du pionniering. Ce qui compte c’est la photo non ? Et si encore ce n’était que cela. Si tout le monde pêchait en no-kill…

Les visiteurs

Car comme pour toute chose ce n’est pas l’outil qui est dangereux, c’est l’usage qu’on en fait. La logique de réduction à la source voudrait qu’en supprimant l’outil on supprimerait le danger… Sauf que ça ne marche pas, parce qu’il y aura toujours un gars pour se la jouer en mode phare ouest, la loi du plus fort, c’est moi qui ai la plus grosse embarcation et en plus il faut bien que je rembourse l’essence ou le prix de la sortie. Ne nous leurrons pas, il n’y a pas que des philanthropes. Plus exactement il y en a peu. Combien viennent casser du fiiish, remplir le congélo pour les jours de vaches maigres.

Sans électronique, sans internet, la pêche est plus dure et plus confidentielle. Avec, elle devient parfois trop facile, donc la ressource trop accessible, donc trop dangereuse. Après on peut faire le beau et se la jouer Sea-Shepherd en dénonçant le massacre des globicéphales ou baleines pilotes aux îles Féroé quand on fait pareil, ou contribue à faire pareil, sur la côte Atlantique.

Pêche de loisirs disais-je. Oui lorsqu’il n’y a pas de pognon en jeu (donc de business, de sponsor, de report à faire) sinon ça devient de la pêche quasi-professionnelle (au sens obligation de résultat et de compte à rendre). Et lorsque la pêche de loisir devient source de revenus sur le dos des partenaires de jeu, ça ressemble à de la corrida. D’accord ce n’est pas le même rendement qu’un abattoir industriel et je pousse le bouchon ou en tout cas votre réflexion. Car regardons simplement (naïvement ?) la vérité en face. Moi je veux bien qu’on les aime ses taureaux, mais quand on aime on préserve, on ne tue pas ou on fait tout pour l’éviter, même par procuration. Sinon c’est de l’amour vache, pour ne pas dire du sadisme. Non je ne l’ai pas dit.

la pèche

Pour conclure n’oublions pas que dans cette triste corrida (comme dans tout processus non durable ou raisonnable) le taureau c’est nous autres en fin de boucle. Que chacun fasse ce qu’il veut de SON luc oui, mais cette liberté s’arrête lorsqu’on commence à jouer avec celui des autres. Quand il n’y aura plus de vaches maigres, les pêcheurs de loisirs éco responsables pourront toujours se rabattre sur les thons ou les requins et louer la nature le réchauffement climatique qui les rapproche de nos côtes.

Voilà, c’est dit.

images extraites de http://voyagedegerardetlisette.blogspot.fr (bulles modifiées)

Comme tout pêcheur empathique en théorie, je sais bien que pour ne pas se faire attraper il faudrait savoir fermer sa bouche. Je n’irai pas jusqu’à dire que les bass ou autres sandres l’ont compris, toujours est-il que lorsqu’ils ont la gueule fermée, on peut toujours se brosser. A contrario lorsqu’ils sont sur les dents, ils sont prompts à prendre la mouche. C’est d’une évidence telle lorsqu’ils sont sur les nids, que le législateur en supra protecteur des futures générations, a défini des périodes de fermeture.

On trempe la plume dans le fiel.

Oui mais voilà, entre l’éthique élastique humano-dépendante de la pratique halieutique et l’interdiction théorique réglementaire, il y a tout un monde. Et comme en plus de ne pas savoir fermer leur bouche, certains osent, diantre, s’afficher clairement en selfish avec un black pendant la fermeture sur les réseaux et autres forums asociaux, il y en aura toujours un qui y trouvera à redire. Pourquoi pas d’ailleurs, c’est aussi ça la liberté d’expression. Elle agace et n’a besoin d’être défendue qu’à partir du moment où elle est impertinente, qu’elle dérange les bien pensants. Et c’est bien là quelque part le paradoxe, jouer le chevalier blanc sans voir la poutre qu’on a dans l’œil. « C’est pas bien de pêcher les blacks en période de fermeture », « Oui mais ils n’étaient pas sur les nids »… Voir la paille dans l’œil des autres et oublier le broc métré qu’on a sacrifié, « oui mais il avait avalé trop loin » et « c’est pas pareil de garder un sandre ou un brochet par an, que de pêcher les blacks sur les frayères »… C’est pas si grave que si c’était pire, donc.

La pêche de Nietzsche généralisée ?

Si nous aspirons à être des pêcheurs raisonnés, et pas qu’en terme de prélévement ou d’affichage s’entend, essayons donc de raisonner. Simplement. Thèse : raison, réglementation, éthique… Antithèse : passion, image, égo… Synthèse : la raison est un fleuve qui creuse son lit, la passion est un fleuve qui rompt ses digues. Et selon Shara Toucetralala « en vérité l’homme est un fleuve impur. Il faut être devenu océan pour pouvoir, sans se salir, recevoir un fleuve impur ». Acceptons notre statut de fleuve impur, nous avons tous nos propres contradictions, nos choix parfois raisonnables, parfois moins. Savoir le reconnaître c’est, qu’on le veuille où non, avancer et grandir vers l’océan que l’on deviendra un jour peut-être, nous rendant plus tolérant, y compris vis-à-vis des impurs.

Après tout un mois de mai d’infidélités à dame carpe, roturière s’il en est bien avant d’être anoblie par les sujets de sa gracieuse majesté, je suis encore descendu dans l’échelle sociale, me mêlant au petit peuple qui en rang d’oignons pêche un poisson encore moins fin, plein d’arrêtes et donc indigne d’intérêt, si ce n’est pour enchaîner les touches dans un retour en enfance qui rappellera à ceux qui l’ont connue, la pêche au vairon ou au goujon. On peut considérer que c’est une pêche débile quand les aloses tapent dans tout ce qui passe. Mais n’est-ce pas pareil pour tous les poissons ?

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Ca fait deux ou trois week-end que j’essaie de prendre un chevesne, n’importe lequel (enfin le plus gros -malin- du lot quand même) au leurre souple. Vous savez ce poisson qui en fait rager plus d’un lorsqu’il faut reposer entre loup et chien, à 6h du matin, à 300m un montage initialement destiné à une carpe. Le chevesne, poisson indésirable au même titre que les autres blancs, brèmes, barbeaux ou tanches (oups circulez c’est vert), disons donc les sans dent, re-oups ils en ont (bien profond puisque pharyngiennes) mais heureusement moins longues et pointues qu’un prédateur sinon ils finiraient au beurre blanc… Ce qui n’est pas plus glorieux qu’en pâté avec de l’oseille; dans une écologie-nomie circulaire c’est un peu du pareil au même, à savoir concentrer les métaux lourds en haut de l’échelle, à mettre du plomb dans le cerveau des supra prédateurs supra évolués… Bref ce n’est pas pire que d’être née perche, au soleil, ou au canada, et d’être classée nuisible.

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Moi je les aime bien ces « crappies », qu’on pourrait traduire par « poisson de merde » en bon français. Simplement parce qu’aussi cons qu’un poisson rouge, ils peuvent rendre heureux ou malheureux le pauvre pêcheur que je suis, en prenant ou pas mon leurre. Au final y’a rien de marrant, pour moi, à enchaîner les touches. Ce qui me plait c’est moins d’essuyer les refus, j’suis pas maso non plus, que de trouver la clef, pour prendre les aloses lorsqu’elles n’en veulent plus, une perche franche avec des micro-leurres ou soleil avec des nano-leurres, ou un chevesne avec une imitation de cloporte ou d’insecte improbable…

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Oui j’ai acheté une canne UL (ultra-light) pour pouvoir lancer des crottes de nez au cul des chevesnes, ou pour pêcher « le tétard en spining » comme dit mon ami Olive.

Vous savez désormais pourquoi.

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