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Je ponctuais la première partie de cet article, axée sur les amitiés plus ou moins virtuelles par : Bref, moi je ne cherche pas à collectionner les amis à n’importe quel prix. J’en ai autant que de doigts nécessaires pour pouvoir transcrire sur le clavier les pages partagées de ma vie et suffisamment peu pour m’éviter de devoir faire des courbettes ou d’avaler des couleuvres qui, à force de grossir inverseraient le rapport de prédation.

Ours un jour

Je trouve les paraboles bien plus poétiques, pédagogiques, riches de sens, que les discours monocordes magistraux insipides. Aussi je préfèrerais laisser courir l’imaginaire plutôt que de commenter une cruelle dissection, comme on pourrait nous le demander avec une fable de la Fontaine lors des épreuves du bac de Français (hein mon fils 🙂 ). Pourtant je vais le faire, afin d’être le plus univoque possible : être un ours, ENTIER, UN et INDIVISIBLE, ça peut devenir vite, très vite compliqué en société. Un mouton en troupeau passe encore, mais un ours ? Vous imaginez, vous, un ours vivre en bande ? Si à un on l’évite, à plus on en est vite une (bande de oncs). Car il y a forcément à un moment ou un autre, à un sujet ou un autre, des courants d’idées différents, suivis de débats et de Clashs, de divisions plus faciles que le omcpromis (chose due). Should I stay or should I go ? Cruel dilemme, je vais y revenir avec l’affaire puis l’équilibre de Nash.

Avaler des couleuvres.

Je vous l’ai dit, de Nantes ou d’ailleurs peu importe, j’aime les paraboles. Et des colubridae ce n’est pas ce qui manque au quotidien. Enfin si on veut bien les voir. Car en fonction du centre d’intérêt de chacun –et il n’y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir – elles peuvent paraître plus ou moins grosses.

Celui qui est totalement indépendant ou plutôt non représentatif au sens où sa parole n’engage que lui, et qui voit ou croit voir sous les traits d’un moucheron ou du moindre cheveux sur la soupe anguille sous roche, n’avale rien. Certes il ouvre sa bouche, mais c’est pour recracher la soupe avec tout son venin, le comble pour une couleuvre me direz vous, mais tellement humain (ecce homo).

Celui qui est mouillé lui aussi ouvre grand sa bouche, mais pour sucer la roue de son leader ou la ligne du parti, même si celui-ci (le meneur) reste en arrière (ligne). C’est certes acrobatique, mais ce n’est pas la première fois qu’un membre d’un team aura la tête dans le culte. Il avalera à ce titre des couleuvres de plus en plus grosses, jusqu’à ce qu’elles bouffent de l’intérieur une à une ses VALEURS, si tant est qu’il en eut un jour. Disséquons : concrètement quand j’ai entendu dire (par exemple) que personne ne boycottait la SNCF qui a été associée à la déportation de milliers de juifs pour justifier l’achat de produits distribués par la marque associée au plus grand trafic de carpes en France, je me suis consolé en me disant qu’il valait mieux entendre cela que d’être sourd.

Si t’as pas d’ami prends un Nashy

Dans la théorie des jeux, l’équilibre de Nash, de l’éponyme John Forbes Nash, est un concept de solution dans lequel l’équilibre entre plusieurs joueurs, connaissant leurs stratégies réciproques, est devenu stable du fait qu’aucun ne modifie la sienne sans affaiblir sa position personnelle. Une sorte de compromis gagnant-gagnant. Ceci étant dit, mon propos n’est ni de juger ni d’absoudre, qui serais-je pour cela, juste d’essayer de comprendre et de mettre en lumière ce qui se passe lorsque chacun réagit en fonction de ses propres intérêts.

Lorsque Stéphane Gonzalez publia un édito qui tomba comme un cheveu sur la soupe, je peux parfaitement comprendre que ceux qui n’avaient aucun intérêt dans la revue, aient considéré cela comme une masta couleuvre, et l’ait recrachée. Comme je suis un ours, entier un et indivisible, et que je n’avais que faire des intérêts, j’ai recraché aussi la soupe, servie froide, 7 ans après. J’ai claqué la porte. Pourtant à décharge Stéphane n’était pas des plus mauvais compagnons de dure lutte, en tout cas pas moins veuille-je dire que ceux qui n’ont jamais rien fait d’autre que de théoriser, ou de fermer les yeux, ou de fermer leur bouche, par stratégie ou intérêt personnel.

Même topo lorsque Fernand a accepté le sponsoring de l’Equipe de France.

Car impliqué collectivement c’est vite plus complexe, car il y a forcément des divergences d’opinions. Des couleuvres, des grosses, on en a avalé, les uns et les autres, lors du match France Angleterre par exemple. Nous étions peu nombreux à porter en Aveyron les VALEURS de l’UNCM inscrites en lettre d’or sur fond noir « I did’nt move the fish ». Contre l’avis de pas mal de nos supporters de l’époque d‘ailleurs qui ne comprenaient pas, voire condamnaient cette participation. Mais je crois, non, j’en suis sûr maintenant, qu’il fallait y être. Retournons donc en Aveyron, en 2005. Pour ne pas froisser plus nos adversaires, dont Bob l’éponge accusé d’avoir à l’époque dans son plan d’eau un poisson issu du domaine public, qui faisaient lourdement pression sur l’organisateur en le menaçant de boycotter le match, ce dernier nous a gentiment demandé d’ôter nos sweats. Il faut dire que Philippe, chefs des entiers, et Sam le Pirate de mémoire, avaient quelques heures auparavant bien chauffé l’ambiance en refusant de serrer la main moite, enfin je suppose, de Bob l’éponge. Stéphane, l’organisateur, a aussi avalé son lot de couleuvres puisqu’il a été le jour même évincé du conseil d’administration de l’UNCM. Pour autant il a toujours laissé ouvertes les colonnes de sa revue à l’UNCM. Cela, et d’autres choses encore, appartient désormais à la petite histoire de la pêche, voire à la rubrique des chiens écrasés.

Pourquoi les déterrer donc ? Parce que d’une j’ai retrouvé le brouillon de ce vieux papier au fin fond d’une clef USB, et que le temps et l’actualité aidant, il me montre à quel point c’est compliqué de concilier position collective et stratégie individuelle, ou position individuelle dans une stratégie collective. En fait c’est plus pas facile que c’est compliqué 🙂 . Allez j’arrête de jouer : le seul équilibre stable c’est le gagnant/gagnant, faut pas être sorti de St Cyr. « Et de deux ? » me direz-vous… j’y viens.

Continuons avec un St Cyrien, sautons allégrement du coca light et revenons à la notion de stratégie et à la grande Histoire. J’entendais il y quelques jours un Général au brillant parcours, enseignant désormais la stratégie à Sciences Po Paris, répondre à l’assertion d’une journaliste répétant comme l’écho la théorie de « l’inutilité des frappes aériennes sans engagement de moyens au sol ». Ce à quoi le Général répondit qu’il ne s’agissait pas d’une question de moyens, mais d’une question de STRATEGIE et de VISION. Poursuivant par « que les parties prenantes s’accordent d’abord sur la vision (en l’occurrence géo-politique du moyen orient et du monde de demain) et ensuite déclinent la stratégie, avant de parler tactique et moyens » (je paraphrase de mémoire). Il a aussi indiqué qu’il faudrait probablement pour lutter contre l’Etat Islamique s’associer avec la gouvernance des pays du moyen-orient (pas contre mais avec) en reprenant de façon assez pédagogique l’exemple de la coalition historique des alliés avec Staline, contre Hitler et l’Allemagne nazie. C’est un euphémisme de dire que Staline n’était pourtant pas un ange. Moins nombreux auraient été ceux à décrier une telle alliance sur le net (s’ils avaient pu à l’époque) qu’ils ne le sont aujourd’hui à ânonner qu’il faudrait bombarder la Syrie (pour en faire quoi ensuite ? Bombarder des civils pour nourrir là bas la haine de l’occidental et le terrorisme, et ici des idées à l’extrême limite droite de la xénophobie et du fascisme ? Entretenir la guerre au prétexte de chercher la paix ?) et surtout nous protéger de l’invasion des migrants (que disais-je), alors même que ces pauvres hères ne cherchent qu’à fuir la mort, à sauver leur peau comme nous le ferions à leur place, si la chasse à l’ours était ouverte.

Pour en revenir à la chute de l’Allemagne il a bien fallu, primo, se projeter et s’accorder sur une VISION d’après guerre (avec partage de la gouvernance de l’Allemagne entre l’Ouest et l’Est etc) pour élaborer, secundo, une STRATEGIE commune et décliner, tertio et suivants, la tactique les moyens… donc de s’allier avec l’URSS pour faire capituler l’Allemagne nazie dans une sorte d’équilibre de Nash, d’avalage de couleuvres, d’hasardeuses diplomaties… mais de très grande Diplomatie. Il est là le « et de deux ». Vous avez toujours du mal à voir le rapport ?

Et de deux, parce que c’est juste dommage donc, pour pré-conclure, que nous n’ayons pas su trouver un tel équilibre entre les différentes parties prenantes, médias, associations, simples (pauvres) pêcheurs que nous sommes, du public ou du privé etc. Parce que nous sommes toujours en train de nous diviser voire de nous battre parce que nous sommes tous occupés à défendre « nos » intérêts et qu’aucun ne veut faire un pas vers l’autre et modifier sa (pseudo) stratégie dans une vision commune. Et pour cause, au dessus de la pyramide « vision > stratégie » il y a les intérêts (divergents) alors qu’il devrait y avoir les VALEURS. Celles universelles et non catégorielles (ou religieuses). Je sais, je rêve.

Tous les mecs qui écrivent dans Média, tous les mecs qui pêchent en compét’ et prennent une licence à la FFPC, tous les mecs lambda qui pêchent avec du Nash ou dans le privé ne sont pas des vendus à la solde du démon… Je n’ai aucun état d’âme à l’écrire et ça ne changera ni mes convictions, ni mes valeurs, ni ce que je suis. Toujours entier un et indivisible, sinon plus. D’autant que démon (comme couleuvres) égal religion manichéisme guerre etc.

La guerre est une chose trop grave pour être confiée aux militaires disait Tigrou (séparation des rôles politiques et militaires). Nous ça ne reste que de la pêche, une chose sans importance qui peut donc être confiée aux pêcheurs.

Winny

*A l’envers à l’endroit comme le chantait Carène avant que Renaud ne popularise un verlant qui l’était déjà (populaire).

Il est difficile voire souvent impossible d’écrire ou de décrire explicitement une pensée avec toute ses nuances de complexités. Il est souvent plus simple de faire des paraboles, d’écrire des fables, d’imager les choses par une photo, un dessin, un proverbe, une citation.

Lire les choses au premier degré, de façon purement littérale, lorsqu’elles sont exprimées avec un peu de spiritualité ou d’humour, sans y associer le para verbal, un smiley, un peu de recul, c’est la meilleure façon de faire fausse route.

Qu’il est difficile de se comprendre parfois !

Chasser les marchands du temple, partir en croisade ou pour toute autre guerre sainte telle que pourraient l’avoir souhaité ou écrit des gens de raison, ne signifie rien d’autre que de lutter au quotidien pour faire vaincre en SOI le bien sur le mal… Il n’est nullement question d’appel à la guerre fratricide, or combien pourtant prennent les choses au pied de la lettre ? Trop certainement. L’actualité ne vous a sûrement pas échappé, ni cette histoire amérindienne qui raconte qu’en nous s’affrontent un loup blanc et un loup noir et que gagnera celui que nous alimenterons. Est-il utile de préciser que ce n’est pas « vrai », qu’il n’y a pas de loup tout poilu en nous ? Bref certains comprendront pourtant qu’il faut abattre tous les loups blancs, ou tous les loups noirs, voire tous les loups et passeront même à l’acte… Inversement, si on est loup, on s’émouvra d’un appel au génocide de ses alter ego canis lupus.

Ainsi semble aller, depuis des siècles et des siècles, et ira probablement encore longtemps ce monde manichéen.

Apres avoir fait sus aux loups, sautons du coq à l’âne (ou pas) et faisons Épicure de rappel.

1395226_10152046988493764_2013472139_n J’aime la pêche en grands lacs, les milieux sauvages, le rustique, le rural, le vintage, la bonne chair, les potes, la déconne, les paraboles, les caricatures, taquiner… Je ne cherche pas à plaire, ni à faire dans le consensus mou, ni à être déplaisant. Je suis, je pense, j’écris, je dis. Ca ne laisse pas indifférent, tant mieux, tant pis, on aime, on n’aime pas. Je suis bête et méchant et alors ? A un moment ou un autre je sais que je provoque, dans le meilleur des cas la réflexion, dans le pire un peu de bleu à l’âme de certains, un sourire au visage d’autres.

On peut rire et parler de tout, mais probablement pas avec tout le monde. Il n’est pas facile, j’en conviens, de trouver les limites humano dépendantes, surtout quand on ne connaît pas ses lecteurs, ses interlocuteurs. Quant le moindre mot divise, à la limite de la capacité de résilience de tout à chacun, au point de non retour, autant que chacun trace sa route.

Les ours ne vivent pas en bande, les aigles ne picorent pas avec les poulets pas plus que les loups ne broutent avec les moutons, tout simplement parce que ce n’est pas leur place. L’histoire finit en queue de poisson, mais aussi, parce que tout est cyclique, en épanadiplose… Parce qu’il est difficile voire souvent impossible d’écrire ou de décrire explicitement une pensée avec toute ses nuances de complexités. Il est souvent plus simple de faire des paraboles, d’écrire des fables, d’imager les choses par une photo, un dessin, un proverbe, une citation… Dscn0124

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Sous un titre racoleur, Numa Marengo a fait un long papier dans le Hors Série n°1 de Prédators. Je l’ai lu hier matin dans mon cabinet d’aisance, siège de quelques réflexions matinales dont celle-ci qui part du constat suivant : le sponsoring se paupériserait. L’auteur analyse l’évolution de la relation sponsor sponsorisé et l’avènement d’un sponsoring de masse, sujet qui fait chez les leurristes, comme chez les carpistes, beaucoup de bruit et de remous à la surface du miroir.

Si dans un passé pas si lointain seules quelques notoriétés accédaient au rang de sponsorisé grâce à l’inventivité que met en avant l’auteur, on ne peut désormais que constater l’arrivée massive de « quidam » (je cite) sur le devant d’une scène surpeuplée. Le processus s’est fait dans un sens complètement perdu de vue aujourd’hui : avant le pêcheur devenait sponso parce qu’il pêchait (!) et développait ou avait la capacité à développer un produit intéressant pour une marque.

Désormais (on le voit de l’autre côté du miroir en lisant les demandes de sponsoring) force est de constater que les gens ne veulent plus tant développer le matériel, ou même avoir du matériel, mais carrément (ou juste) être sponso et porter une casquette. L’inventivité qui est mise en avant par l’auteur semble complètement disparue, l’auteur va même jusqu’à se poser (ou pas d’ailleurs) la question des compétences halieutiques de la nouvelle génération des quidam sponsos. Ou pas, parcequ’il n’est pas dupe, pas plus que je ne le suis, ou que ne le sont les gars qui tapent à la porte, vu leur CV. Pour autant beaucoup prennent vite la grosse tête dès qu’elle est coiffée d’une casquette ou d’un bonnet, lorsque ce n’est pas avant.

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L’auteur poursuit sur cette inventivité disparue qu’il faudrait pourtant pouvoir relancer pour continuer à faire tourner le business. Or si tant est que des fieldtesteurs, testeurs, sponsos, peu importe les mots, aient eu un jour à faire de la Recherche et du Développement, c’est désormais le boulot des pros. Numa parle d’ailleurs d’un nouvel angle pris par les industriels mettant en avant la « créativité » (plus que l’inventivité). Il cite Renault qui se veut « créateur d’automobiles » ce qui parle à tout le monde. Si il ne s’était adressé qu’aux carpistes (ce qui a encore le temps d’arriver tant le sujet est transverse) il aurait pu citer Korda et sa devise « Thinking Tackle ». Penser les accessoires, les réfléchir, les expérimenter, les tester dans l’eau… La Recherche et le Développement c’est désormais le pré carré des pros qui détiennent ainsi un pouvoir quasi divin de « créateur ». Pas de place pour le bricolage, l’avis des sponsos ne sera pas demandé en amont. Pas vraiment en aval non plus, même si le rôle du sponsorisé est désormais bien là, ce que l’auteur va expliquer.

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Il dit clairement qu’il faudrait être naïf pour penser que les résultats d’untel lié à telle marque suscitent la réaction du marché. Les champions du monde et de l’univers en prennent donc pour leur grade, ce qui n’est pas pour me déplaire. Il suffit de voir le succès en compétition de l’équipe de France (celle du Groupement National Carpe) pour expliquer le succès (re)fleurissant d’une certaine marque. Bien sûr qu’il n’y a pas de lien. En tout cas si il y avait un lien de causalité fort, ce seraient bien les marques qui se batteraient à coup de milliers d’euros (ou plus comme au foot) pour sponsoriser une équipe, et pas l’inverse. A moins que ce ne soit le système de compét dans la pêche qui soit à revoir (carpe comme carna) pour tendre vers ce genre de situation, mais là je dois avouer que je m’y connais bien moi que Numa qui tackle d’ailleurs l’AFCPL et le GN Carla au passage. Perso j’y crois quand même, un peu, à l’impact des sponsos en matière de vente, quand je vois l’effet « Bruno Médou is inside » à Montluçon, ou la notoriété grandissante d’un Peter Meyer pour ne parler que de ceux que je connais, un peu… Probablement parce qu’on est à la croisée de deux paradigmes, l’ancien et le nouveau, ou que j’ai une vision plus selective et moins prospective, sans pour autant être dupe. Pour en avoir aussi discuté un peu avec une partie du staff de Daïwa France (qui distibue Nutrabaits, c’est pour cela que je peux aussi en parler un peu en connaissance de cause), celui-ci part du principe que « la star c’est le produit ». Qui de l’œuf ou de la poule ? Est-ce le produit qui contribue à la notoriété, ou est-ce la notoriété qui fait vendre le produit ? Je pense simplement que les deux vont de paire. Si le produit est bon le sponso jouera sur du velours et réciproquement l’image de la marque ne s’en portera que mieux ou pas plus mal en fonction de l’image du sponsorisé. Si le produit est bon le sponsorisé n’aura pas à craindre de flirter avec certains comportements sur lesquels nous allons revenir. Mais dans le cas contraire, si le produit n’est pas top ? C’est un autre point qui est abordé dans ce papier et qui explique pourquoi un sponsor a interêt à recruter des sponsos qui ne (se) démarquent pas. Pourquoi ?

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Parce qu’on est justement dans un changement de paradigme, c’est ce que propose comme explication l’auteur, en tout cas c’est ce que j’ai compris (depuis belle lurette). Avant le pêcheur pêchait et pour pêcher devait à minima acheter deux ou trois trucs. Désormais on voudrait créer un besoin inverse en tout cas différent, pas seulement pousser les pêcheurs à consommer mais pousser tous les consommateurs à pêcher (qui plus est avec tel ou tel truc utile ou pas) ! C’est clair qu’en terme de marché et de stratégie ça élargi l’horizon, et le cercle de ses amis. Numa parle « d’acheter l’acheteur » et ce n’est pas con comme théorie ! Le sponsor achèterait donc un client pour en faire un pêcheur. Grossissons les traits : si le sponsor « donne » 1 000 casquettes il s’achète potentiellement 1 000 pêcheurs pseudo-sponsorisés qui utiliseront ses produits et idéalement rien que ses produits, avec la perte d’objectivité qui s’en suit, une relation quasi employeur employé passant par un devoir de réserve et allant jusqu’à une quasi lobotomie. Numa enchaîne donc en parlant de ces sponsorisés qui se parjurent (perte d’objectivité ou devoir de réserve, quitte même à pêcher avec un truc et dire que le poisson a été pris avec un autre… bien entendu ça n’existe pas, ça se saurait) : excellentissime cette notion de parjure ! Ça ne vous fait pas penser au GN Carpe et à son équipe de France, à la marque qui la sponsorisait, aux revues qui dénoncaient le trafic et qui font de la pub pour… Ah bon ? Ce ne serait pas pareil ?

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In fine la cohorte des nouveaux sponsorisés seraient en quelque sorte une armée de zombies chargés de propager la viralité. Il est en effet bien plus facile d’acheter l’acheteur en lui demandant pour un kilo de billes (si il est tiré au sort) de cliquer sur j’aime et de partager… Un néo sponsorisé qui fait le job du fabricant, un intérimaire, un sous salarié pour une poignée de bouillettes. D’ailleurs, parenthèse peu développée dans ce papier (ce doit l’être dans le livre ‘la pêche et Platon » que je n’ai pas lu) il y a tellement de catégories de sponsorisés : du « canada dry » qui en a la couleur et qui parfois est plus viral qu’un sergent recruteur (puisque c’est une façon de faire pour que les portes s’ouvrent et/ou pour monter dans la hiérarchie), qui donc n’en est pas un mais qui voudrait bien le devenir, ceux qui ont deux ou trois bricoles gratos, ceux qui ont des ristournes, ceux qui ont un budget, ceux qui sont en mode « open bar » (tout gratos), ceux qui sont plus ou moins salariés. Il doit bien y avoir de quoi écrire tout un chapitre.

Grosso modo le sponsorisé existe (en tout cas est reconnu comme tel) par sa casquette, le fameux sésame vers l’appartenance chère à Maslow et accessoirement un petit gain financier (discutable). Pour le fabriquant le sponsoring semble être un investissement incontournable, pour la même raison, celle d’exister dans la cour des grands… En fait les deux sont dans un même mimétisme, rentrer dans un système de reconnaissance, paraître pour être. Site web, page facebook, vidéos en ligne, casquette, bonnet… une sponsosphère qui se paupérise, se stéréotype, probablement au grand dam des revues car si l’analyse de Numa s’avérait exacte, l’investissement en com des marques pourrait in fine ne plus du tout se faire dans les encarts de pub

La prochaine étape ce sera quoi ? Les chemises de pompistes et une compét à l’américaine ? Certains doivent probablement secrètement l’espérer.

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Parmi tout cet aréopage affairé à butiner autour des stands, il y avait fatalement une catégorie à part : les potes! Ils nous manquent forcément, et ceux qui n’ont pas pu venir plus encore. D’ailleurs même ceux qu’on a vus les a-t-on tout juste au mieux aperçus.

Sur le chemin du retour, la voix qui me tenait compagnie répondait dans la radio à des questions d’ethnologie et de sociologie… Une petite fille lui avait demandé, via le courrier des auditeurs, pourquoi les vieilles dames ont-elles toujours des chiens ? Tiens… Nous, dans nos retraites halieutiques, on a un poisson de compagnie qu’on affuble d’une mémoire de cyprin écarlate et qui ne vivrait donc que dans l’instant pressant, comme le caniche de la vieille dame. Il n’a pas de projet, notre poisson rouge, pas de plan sur une comète au voilage voluptueux, sauf au printemps peut-être. Juste une relation entre un être parfois vaniteusement supérieur, et un vertébré peu cérébré. Ce poisson a encore moins de passé relationnel avec l’homme (même le plus éduqué aurait du mal à tenir la conversation, ce qui pour une carpe serait un comble) tellement peu qu’il monte volontiers chercher sa pitance en paillettes, en bouillettes, comme le kiki auprès de sa mémère recherche les caresses. Contrairement à l’homme qui regarde tout nouveau venu d’un regard biaisé (se demandant qu’est-ce qu’il fait, qu’est-ce qu’il a, qui c’est celui-la, ajoutant même qu’il a une drôle de tête ce type là) l’animal est souvent positivement curieux, venant la queue frémissante au devant de l’homme. La mamie reporte, disait la voix, un besoin grégaire perdu dans une solitude imposée par le temps vers ce petit compagnon qui ira volontiers au devant des autres gens, des enfants et reprisera comme elle le fait avec une vieille chaussette ce lien social. Certes on ne promène pas de carpe en laisse dans nos salons, mais qu’est-ce qui nous réuni ?

Pas les bouillettes, pas les hameçons, un poisson comme fil d’Ariane, quelques unes des plus belles lignes écrites et à écrire, en tout cas c’est pour l’ours que je suis ce qui fait l’attrait de ce rassemblement: les potes.

Si tu ne vas pas à Rio…

Publié: 17 novembre 2013 dans F*** me I'm sponso

Suite à une remarque de Philippe Lagabbe sur le Facebook de JP Forzani, j’ai voulu en savoir plus sur les enjeux économiques de la sélection, ou pas, de l’équipe de France de Football au Mondial du Bresil. Ceux qui me connaissent diront que je ne suis pas objectif (je ne suis pas compét, cf mon papier intitulé « Obsessions ») or à ma décharge ce qui suit n’est qu’une compil de ce que j’ai trouvé sur le net après une rapide recherche, excusez le psittacisme et les possibles erreurs donc.

Pour la FFF les 42.6 millions d’euros/an de Nike sont acquis, tandis que 30 millions annuels venant des autres sponsors pourraient connaître une diminution substantielle en cas de non qualification. Stade 2 ce soir annonçait (si j’ai bien compris) une perte totale d’environ 20 millions pour la FFF (entre 1.5 et 2.5 millions de malus des sponsors, perte de 13 millions de droit télé et le reste je ne sais plus).

Quand à TF1 qui a acquis les droits du mondial au Brésil pour la modique somme de 130 millions d’euros, l’enjeu est important, même si le président de TF1 semble le relativiser. Quelques chiffres pour donner un ordre d’idée, le match aller France Ukraine c’est 9.3 millions de téléspectateurs, 35.7% de part de marché et le spot de pub le plus cher de l’année : 160 000 euros pour 30 secondes avant le match, 140 000 euros pour la même durée pendant la mi-temps… Pour en revenir au Brésil, il semblerait que la part de marché varierait du simple au double suivant la présence ou pas de la France à la coupe du monde, avec de fait un impact + ou – proportionnel sur le prix du spot de pub.

L’enjeu n’est pas non plus négligeable pour l’Equipe (le journal, parce que pour les joueurs je n’ai pas cherché). Un seul chiffre (deux en fait) : 1 700 000 exemplaires vendus à l’occasion de la finale de 98 contre 275 000 exemplaires habituellement.

Et puis il y aussi l’impact politique, positif ou pas… En 1976, les Verts perdirent 2-0 à Kiev à l’aller puis l’emportèrent 3-0 au match retour, c’était l’époque de la France  qui gagne (enfin moi je ne gagnais encore que des billes). A contrario en 1994, alors que la situation politique n’était pas terrible pour les socialistes à la tête du pays (en vrac : affaire Tapie OM Valencienne, chute à 14% aux européenne du PS, affaire du sang contaminé, révélation de la double vie du Président Mitterrand…) certains vont jusqu’à dire que la non selection de la France au Mondial aux US n’aurait rien arrangé… En tout cas les élections de mai 1995 mirent fin à quatorze années de présidence socialiste.

Bref la crise (actuelle) faisant, je suis persuadé qu’il va y avoir beaucoup de monde à suivre le match de mardi soir avec un intérêt tout particulier…

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Oups… ce n’est pas le bon ballon.

Une série de bips me tire des songes. A tâtons je coupe le son. J’ouvre un œil. Pffffffffff il n’est que quatre heures, je resterai bien au lit. Je glisse un pied en direction de la douche, puis l’autre. Dans la moite chaleur de la salle de bain je passe en revue tous les trucs à ne pas oublier. Cédric m’a demandé les filets de camouflage. Est-ce que ma boite à pêche est prête ? On ne part pourtant pas en session, le filet c’est pour habiller les tables du stand de vente Nutrabaits, et la boite servira pour les démos sur le stand Korda. Un café noir et me voilà prêt pour l’Allier… Le retour se fera au plus tard lundi. Je récupère Cédric à Poitiers, les yeux mis clos. Il n’a pas beaucoup dormi. Nous sommes en route pour Montluçon, douzième du nom.

Salon
Bruno, avec tout le staff Korda, est arrivé hier. Il en est de même pour Bill Cottam et Mark Chuck Backhouse de Nutrabaits. Pour autant il n’y a pas grand monde dans les halls du salon lorsque nous arrivons. Bruno étant sur répondeur, je m’attaque avec Cédric à l’agencement du stand de vente Nutrabaits. Il nous faut aussi ouvrir une grosse palette de bouillettes, parfums et autres additifs, étiqueter l’ensemble des produits. Bill et Chuck nous rejoignent en cours de matinée. Pendant que Cédric finalise la pose des codes barres j’aide Chuck à récupérer son précieux sésame pour accéder au parking exposant. Le temps de vider le van et Bill et Marck s’affairent à leur tour au montage du stand d’exposition. Ils étaient en Italie la semaine précédente, ils seront la semaine suivante au salon de Londres pour clôturer la saison des salons, autant dire qu’ils sont parfaitement rôdés.

Attention Bison ! Révélations, demande de pardon…
Entre midi et deux, Philippe Lagabbe, son fils Kévin, Arnaud, Stéphane, Rémi et d’autres indignés arrivent en vue de participer à la table ronde prévue à 15h avec Kevin Nash… Nono et moi ne pouvons pas être de ce huis clos, et comme beaucoup d’autres nous suivons en direct sur le net la retransmission de ce moment que certains n’hésiteront pas, par la suite, à qualifier d’historique. Tout au long des deux heures et demie d’un dialogue tendu et segmenté au rythme des traductions, les aveux de Nash, les questions de Stéphane Cabanes et de Philippe, puis de la presse, s’enchaînent. Nash reconnaît ses torts, se dit honteux, demande pardon après avoir avoué très clairement être au courant des déplacements de carpes et même de les avoir cautionnés sous réserve que les poissons viennent de biefs non pêchés. A écouter ce dernier élément à décharge et la longue liste des biefs et lacs ponctionnés, c’est à croire que personne ne pêche dans le midi Pyrénées ! Bref je vous invite à voir ou à revoir les images de la table ronde ( http://www.gncarpe.com/Montlucon_2012/Table_ronde/Table-Ronde.htm ) et de vous faire votre propre opinion. La mienne est faite et n’a pas dévié. Une boucle esquissée il y a dix ans ou plus est bouclée. Tous ceux qui n’ont jamais cru à nos SOS, qui nous ont considérés comme de doux dingues ou comme des affabulateurs au sujet de cette affaire, ont désormais les aveux même du boss, confirmés ou poussés sur le web par quelques membres du team de l’époque. C’est pour moi une belle victoire de la vérité, la démonstration que tout se sait un jour même s’il subsiste des zones d’ombre. C’est surtout une incitation à s’indigner et à se rebeller lorsqu’on vient vous pisser sur les bottes et qu’on essaie de vous faire croire que c’est la pluie.

Armageddon
Contrairement à ce que craignaient certains ou à ce que prédisaient d’autres, toutes les plaies du monde ne se sont pas abattues sur Montluçon. Pas d’apocalypse, pas de chevauchée des walkyries… Est-ce un mal pour un bien ? Faut-il savoir tourner une page ? Que se passera-t-il après ? Je n’en sais rien. Ce que je sais c’est qu’une coupe trop pleine s’est déversée sur la planète carpe. Pour continuer avec les paraboles, l’histoire dit qu’un ulcère malin et douloureux frappera les hommes qui ont la marque de la bête et qui ont adoré ou adoreront son image. Dans les années qui viennent, se mordront-ils la langue, blasphémeront-ils à cause de leurs maux et de leurs ulcères, finiront-ils par reconnaître et se repentir de leurs basses œuvres ? Nous verrons bien ce que chacun d’eux fera en son âme et conscience.

The show must go on
Pas de fin du monde en 2012 donc. Pendant que nous suivions cette table ronde grâce au Wifi du Mac Do, Cédric me passa un coup de fil afin que j’aille quêter quelques remèdes à la pharmacie. En gros il présente tous les syndromes grippaux, courbatures, fatigue, gorge et bronches prises. Bruno m’appellera quant à lui pour que je passe chercher des piles LR3 pour le micro HF du stand. Bref la vie continue and the show must go on. La première journée se terminera par une bière à l’hôtel avant un bon resto à la maison bleue avec le staff Korda. Cédric rejoindra quant à lui Bill, Mark et le staff Daïwa distributeur de Nutrabaits en France. Nous avions envisagé de finir la soirée avec Philippe, Remi et les Allianceurs devant une Tartiflette. Mais la fatigue et la maladie auront raison de nous, nous abdiquons pour nous coucher comme les poules. Romu partage sa chambre avec Pierre, Robert avec Raph, Yannick, le pauvre, avec l’ours dont il devra supporter les ronflements. Je ne suis pas sûr qu’il ait bien dormi, pas plus que Bruno d’ailleurs qui, bien que privilégié avec une chambre seul (caprice de star) dû faire bon voisinnage avec le couple de la chambre mitoyenne qui, comment dirais-je, exprimât toute la nuit l’amour qu’ils se portent l’un à l’autre. Partagé également je fus, entre mes obligations envers Korda et Nutrabaits, raison pour laquelle il me sera demandé si je pouvais être à temps plein sur le stand Korda le Samedi, quitte à être ainsi dispo pour Nutrabaits le dimanche, sachant que Jimmy vennait renforcer le team Korda en fin de week-end. Cela n’arrangea pas forcément Cédric, mais comme nous n’étions que deux dispo pour Nutra, nous devions faire contre mauvaise fortune bon gré, en tout cas du mieux possible.


Pour ma part j’ai animé avec Bruno, Davide, Raphaël, Romu, Anthony, Yannick, Pierrot, Mathieu, Marco, Maurice etc le stand Korda et présenté les produits aux visiteurs, répondu à leurs questions, montré quelques astuces, un montage alternatif au recoil rig, comment réaliser un montage combiné, ou encore comment faire et utiliser un chod rig, sécuriser ses montages, sleever des bas de ligne rigides… Ce fut littéralement du non stop du matin au soir et ma boite a pris cher. Cédric n’arrêtera pas non plus jusqu’à la fermeture des portes.

Du bon son et des boissons… avec modération !
A l’hôtel Romu nous offre de succulents toasts de truffes, Rob quelques douceurs liquoreuses d’Alsace, en l’attente d’une pizza et d’un peu de repos bien mérité… Tandis que les Kordaboys iront retrouver morphée, les deux Nutraboys (ou un et ½ vu ce qu’il reste de Cédric qui se liquéfie au fil du temps au point d’être en rupture de mouchoirs) iront rejoindre Philippe, Remi, Gilles et tous les Allianceurs pour fêter les 10 ans de l’Arche. Nous passons quelques heures entre potes, heureux de se revoir et de célébrer quelque part la fin d’un cycle, de manger quelques tranches de jambon et de vivre un peu en épicurien, croquer ce qu’il y a de mieux dans la pêche, quelques images de vie sauvage, de grands espace, de liberté et d’amitié.

http://www.alliancepeche.net/2011-magazine/magazine.html

Maison, douce maison
Le dimanche sera à l’identique du samedi, comme convenu sur le stand Nutrabaits pour moi cette fois ci, à soulager un peu Cédric. Il y eut globalement moins de monde je pense le dimanche, et ce fut l’occasion de discuter un peu plus avec ceux, trop nombreux pour tous les citer, dont j’ai croisé à un moment ou à un autre la route, au bord de l’eau, dans la vie associative, dans une revue, sur le net. Alors que Bill et Chuck ont démonté leur stand et rejoint leur hôtel, Cédric et moi faisons l’inventaire des invendus pour les remettre en palette. A l’issue j’irais donner un coup de main à finaliser le démontage du stand Korda, et récupérer ma boite à pêche confiée à Davide. Tout est palettisé et dans le semi remorque à 20h15.

20h30 Cédric préfère, comme moi, rentrer ce soir. Le GPS prévoit une arrivée vers minuit. Sur la route du retour quelques appels de phares et pauses café combattent l’endormissement.

Une semaine plus tard Cédric est presque guéri et moi j’ai enfin récupéré ma connexion Internet… tout est cyclique.

Bref on a fait un salon, et un bon.

J’ai quelques papiers inachevés qui traînent, ou qui traînaient au fond de mon ordi. Je dis traînaient car mon ancien PC est hors d’usage, et mon disque dur externe a fait un triple loops à la Brian Joubert. Un premier parlait de quelques facettes du sponsoring, un autre de la pseudo notoriété, et un dernier plus récent de Facebook. Trois thématiques reprises en vrac ici. J’aurai probablement l’occasion d’y revenir au grè de mes humeurs.

Facebook
Il y a quelques temps j’ai fait un tri drastique dans ma liste d’amis sur Facebook. Je tiens d’entrée à dire que cela n’a rien de personnel envers les pseudos retirés pour la simple et bonne raison que je ne connais pas les gens qui sont derrière. L’inverse est sûrement tout aussi vrai, aucun ne me connaissant dans la vraie vie. Pourquoi un tel tri ? J’aime bien suivre l’actualité de mes amis, fussent-ils virtuels. C’est la raison d’être de ces réseaux sociaux que de garder contact, prendre des nouvelles. Or il m’arrive de tomber sur des propos que je réfute, soit sur la forme, soit sur le fond. Je ne développerai pas plus, chacun ayant bien sûr le droit de penser ce qu’il veut. Ceci étant dit, je ne suis pas non plus obligé de tout cautionner. Je pourrais me désabonner, mais comme j’assume d’être entier et parfois un peu jusqueboutiste, il m’arrive de purement et simplement supprimer…


« ça me gonfle »

Cliquer sans autre forme de procès, je le concède, ça fait un peu tonton flingueur. Mais est-ce moins cavalier que de vouloir être ami sans même un petit mot ? J’applique donc un parallélisme des formes, celui qui fait que d’un côté on se connaît de très loin (euphémisme pour ne pas dire pas) et que de l’autre on se rencontrera à l’infini (pour ne pas dire jamais). Bref, une amitié aussi virtuelle que la rencontre de deux parallèles ! Pour autant, a-t-on vraiment le choix d’accepter ? En théorie, on a toujours le choix. Mais en pratique, dans la tête des gens qui vous le demandent, que penseront-ils si vous refusez au vil prétexte que vous ne les connaissez pas ? La question ne devrait même pas se poser pour nous autres quidams, car pourquoi vouloir entrer dans la vie de quelqu’un qu’on ne connaît pas ? Par curiosité ou voyeurisme ? On est tous plus ou moins voyeur et exhibitionniste, on a tous plus ou moins besoin du regard l’autre pour exister .

Entre le marteau et l’enclume
La question ne se pose plus, ou moins, lorsqu’on rentre dans le système c’est-à-dire, pour nous pauvres pêcheurs, dès que l’on pige pour une revue ou pire si on est sponsorisé (je ne vous dit même pas si on sponsorisé et qu’on écrit).


« j’te vois dans l’retro satanas »

D’un côté on s’expose à ces effets connexes de retour d’image, comme ces VIP qui n’existeraient pas sans paparazzi ni fans. De l’autre on se doit aussi d’essuyer les railleries du pseudo milieu underground (pseudo car le vrai, lui, il s’en fout) qui crache sur ceux qui en acceptant un label font du commercial et qui, à ce titre, n’ont que ce qu’ils méritent.


Et puis, tant qu’à faire, autant mettre tout le monde dans le même panier… de crabes ! Je comprends mieux ce que mon père voulait dire par « on est tous le con de quelqu’un ».

Notoriété

Relativisons, Montluçon est aussi loin de St Trop que nos starlettes de la jet set, même si il doit bien exister, de ci de là, quelques boulards, grenouilles qui veulent devenir plus grosses que le bœuf, qu’ils exhibent. C’est dans la nature animale (j’aurais écrit « humaine » si la Fontaine n’avait pas fabulé), les coqs de basse cour étant là pour nous le rappeler. Qu’en est-il sérieusement de cette pseudo notoriété en dehors donc de notre microcosme ? On pourra encore se promener longtemps dans la rue, et même dans les salons, sans avoir à signer des autographes ou se voir jeter des tomates. Moi en tout cas ça me va bien, je n’ai jamais demandé à être sur le devant d’une scène. Le lointain me va très bien,  I just wanna fish !

Un chanteur a besoin d’un public, un homme politique d’électeurs, mais un pêcheur ? Certes lorsqu’on écrit c’est à priori pour être lu, mais en vérité, comme me le disait un homme de lettres, en avons-nous réellement besoin sachant qu’on continue à écrire sans ce retour. C’était vrai avant Facebook, ça le sera après. Le plaisir est dans l’instant, les pieds dans l’eau, et tant mieux si on arrive un peu à le prolonger en l’écrivant ou en le lisant.

Les amis de mes amis
Revenons à notre mur. Ce n’est pas parce qu’on s’y affiche avec une carpe qu’on se doit d’être copains comme cochons avec tous ceux qui posent avec une carpe… Un zest d’esprit tribal existe et ne nuit pas, c’est probable, mais pour mille raisons il ne suffit pas d’avoir ce point commun pour être amis. Le succès de Facebook repose pourtant sur ce principe de boule de neige, la machine vous suggère des amis, vous dit que vos amis sont amis avec de nouveaux amis, quand ce n’est pas un ami virtuel qui vous conseille un de ses amis, et de fil en aiguille vous vous retrouvez avec 5000 amis que vous ne connaissez ni des lèvres ni des dents. C’est comme ça.


Bref, moi je ne cherche pas à collectionner les amis à n’importe quel prix. J’en ai autant que de doigts nécessaires pour pouvoir transcrire sur le clavier les pages partagées de ma vie et suffisament peu pour m’éviter de devoir faire des courbettes ou d’avaler des couleuvres qui, à force de grossir inverseraient le rapport de prédation.  

Ours un jour…